Légende du cinéma porno, l’acteur Ron Jeremy est inculpé pour viols et agression sexuelle

Légende du cinéma porno, l’acteur Ron Jeremy est inculpé pour viols et agression sexuelle

JUSTICE - L’acteur américain Ron Jeremy, 64 ans, vient d’être inculpé en Californie pour viols et agression sexuelle sur quatre femmes, des faits qui se seraient déroulés en 2014 et 2019. Le sombre épilogue de la carrière d’une icône de l’industrie du X outre-Atlantique.

Son nom figure dans le Guiness Book des Records grâce à un filmographie hallucinante de plus de 2000 titres. Superstar du cinéma porno américain depuis quatre décennies, l’acteur américain Ron Jeremy, 64 ans, a été inculpé mardi 23 juin en Californie pour viols sur trois femmes âgées de 25 à 46 ans, et pour agression sexuelle sur une quatrième.

Les faits se seraient déroulés entre 2014 et 2019, dans une maison et un bar de West Hollywood. Le procureur de Los Angeles a fixé sa caution à 6,6 millions de dollars. S’il est reconnu coupable, l’acteur, également réalisateur, risque de 90 ans à la perpétuité. Sans attendre le verdict de la justice, son agent a décidé de mettre un terme à leur collaboration.

De premières accusations en 2017

Fin 2017, après la naissance du mouvement #MeToo, Ron Jeremy avait été banni des rassemblements organisés par l’industrie du porno suite à plusieurs témoignages de femmes accusant l’acteur de les avoir agressées, lors de séances de dédicaces ou en marge de tournages de films, comme le relatait anonymement l’une d’entre elles dans une enquête du magazine en ligne "Daily Beast". Jusqu’ici, il avait toujours échappé aux poursuites.

Issu d’une famille juive du Queens, Ron Jeremy Hyatt avait fait ses débuts dans l’industrie du X en 1978. Prof de théâtre, il écume les scènes comiques de Broadway lorsque sa petite amie de l’époque envoie sa photo dénudée au magazine "Playgirl" qui décide de la publier en double page centrale. C’est le point de départ d’une carrière d’acteur porno encore illégale à l’époque. Ron Jeremy sera d’ailleurs arrêté à deux reprises et, s’il renonce à se faire appeler Hyatt, c’est pour éviter à sa grand-mère Rose d’incessants coups de fil d’insultes…

Consultant sur "9 semaines 1/2"

A l’écran, son humour et son physique d’homme ordinaire - il mesure 1m68 et n'arbore pas un physique musculeux - le distinguent rapidement de ses collègues. Bien vite, sa notoriété dépasse le cadre du monde du porno. En 1984, il fait une brève apparition dans SOS Fantômes et, deux ans plus tard, il est engagé comme consultant sur le drame érotique d'Adrian Lynn 9 semaines 1/2 avec Kim Basinger et Mickey Rourke. 

Un job qu’il occupera à nouveau en 1997 sur Boogie Nights, le film de Paul Thomas Anderson consacré à l’âge d’or du X américain et une autre vedette de l'époque, l'acteur John Holmes, mort du Sida à la fin des années 1980. Icône décalée, Ron Jeremy fait son entrée dans la pop culture et apparaît dans des clips vidéo de Guns N’Roses, Moby ou encore Mercury Rev, des émissions de téléréalité et des jeux vidéo.

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En 2001, celui qu’on a surnommé "le hérisson" en raison de son abondante pilosité fait l’objet d’un documentaire un brin surréaliste, Porn Star : The Legend of Ron Jeremy, présenté dans de nombreux festivals. Lui-même s’est tourné vers la réalisation, avec pas moins de 285 films à son actif. La soixantaine passée, il n’avait jusqu’ici jamais annoncé sa retraite des plateaux...

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