"Les féministes ont quand même des œillères" : Catherine Deneuve persiste et signe

"Les féministes ont quand même des œillères" : Catherine Deneuve persiste et signe

PAS CONTENTE - Dans un entretien accordé à l’AFP, Catherine Deneuve déplore la polémique autour de la projection à Venise de "J’accuse", le nouveau film de Roman Polanski. Une sortie qui confirme ses distances avec le mouvement #MeToo, né dans le sillage de l’affaire Weinstein.

Son soutien à Roman Polanski n’est pas nouveau. Au printemps 2017, alors que le cinéaste avait été contraint de se retirer de la présidence des César, sous la pression d’associations féministes, Catherine Deneuve avait pris la défense du cinéaste franco-polonais, poursuivi depuis 1977 pour le viol de Samantha Geimer, une mineure de 13 ans, dans la villa de Jack Nicholson à Los Angeles.

"Je trouve ça honteux ! C'est une œuvre des féministes qui se sont déchaînées. À mon avis, certaines ne savaient pas bien ce qu'on reprochait à Roman Polanski parce qu'il a été jugé", avait déclaré la comédienne sur Europe 1. "Cette histoire date de 40 ans, elle a été jugée, il a vraiment souffert. Cette jeune femme, très jeune femme à l'époque, lui a pardonné, il y a eu un arrangement financier… On ne peut pas, 40 ans après, continuer de lui reprocher."

La plupart des gens ne connaissent pas la réalité de la façon dont les choses se sont passées- Catherine Deneuve à propos de "l'affaire Polanski"

C’est ce qu’elle a redit, en début de semaine, dans un entretien accordé à l’AFP à l’occasion de la sortie en salles de "Fête de famille". Et alors qu'elle s'apprêtait à présenter à Venise "La Vérité", le nouveau film du réalisateur japonais Kore-Eda Hirokazu qu'elle a tourné avec Juliette Binoche. Interrogée sur la polémique qui entoure la présence à la Mostra de "J’accuse", le nouveau film de Roman Polanski, la comédienne âgée de 75 ans persiste et signe.

"Je trouve ça d'une violence inouïe, et je trouve ça totalement excessif", lâche-t-elle, là encore à l’encontre des militants féministes qui ont critiqué la sélection du cinéaste franco-polonais. "Le temps a passé", plaide la comédienne au sujet du réalisateur de 86 ans avec lequel elle a tourné "Répulsion", en 1965. Pour elle, "la plupart des gens ne connaissent pas la réalité de la façon dont les choses se sont passées."

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Catherine Deneuve ne digère pas non plus les attaques dont fait l’objet Woody Allen de la part des mêmes mouvements féministes, suite aux accusations d’attouchement sexuels de sa fille adoptive Dylan Farrow. Des faits que le cinéaste new-yorkais, qui n’a jamais été poursuivi, nie depuis le début des années 1990.

Son nouveau film, "Un jour de pluie à New York", sortira sur les écrans français le 18 septembre, quelques jours après sa présentation en ouverture du Festival du cinéma américain de Deauville, présidé cette année par… Catherine Deneuve ! "C'est pareil, c'est incroyable !", déplore celle qui serait prête "bien sûr" à tourner avec lui en cas de projet intéressant. "Il faut faire la différence entre le cinéaste et la personne. Les féministes ont quand même des œillères", déplore-t-elle.

"Aux Etats-Unis, ils ont vite fait de dire 'fini, banni', il faut quitter le pays, il faut quitter la ville, il faut quitter le cinéma", estime encore Catherine Deneuve, affichant une nouvelle fois ses distances avec le mouvement MeToo et son pendant français BalanceTonPorc, née dans le sillage des révélations de l’affaire Weinstein.

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En janvier 2018, l’icône du cinéma français avait fait sensation en signant une tribune autorisant aux hommes "la liberté d’importuner", publiée dans "Le Monde". "Je salue fraternellement toutes les victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées par cette tribune", avait-elle réagi quelques jours plus tard, dans une lettre publiée par "Libération". "C’est à elles et à elles seules que je présente mes excuses."

"Il y a, je ne suis pas candide, bien plus d’hommes qui sont sujets à ces comportements que de femmes", reconnaissait Catherine Deneuve. Mais en quoi ce hashtag (#Balancetonporc, ndlr) n’est-il pas une invitation à la délation ?", ajoutait la star en s’inquiétant du "danger des nettoyages dans les arts".

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