Luc Besson et ses cerfs dans la ligne de mire des chasseurs de l'Orne

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LITIGE - Le cinéaste Luc Besson est assigné en justice par la Fédération départementale des chasseurs de l'Orne. Propriétaire d’un domaine normand, le réalisateur est accusé depuis plusieurs années de laisser foisonner des cerfs sur ses terres et d'engendrer ainsi des dommages agricoles.

Le monde de la chasse normande s’attaque au géant du cinéma. Luc Besson était poursuivi en justice ce lundi 16 septembre par les chasseurs du département de l’Orne. La raison ? Avoir permis la profusion de cerfs libres de leurs mouvements sur son domaine de La Trinité-des-Laitiers depuis 2012.

"En plein débat sur le drame de l'écologie et de la biodiversité qui touche toute la planète, les chasseurs de l'Orne me demandent de tuer les cerfs qui passent devant chez moi ! Dois-je mettre mes enfants au balcon pour l'occasion? Ces gens-là sont à contresens de l'histoire", s’est exclamé ce lundi matin Luc Besson dans les colonnes du Parisien. 

Un litige champêtre vieux de plusieurs années

Le cinéaste est l'heureux propriétaire depuis quinze ans d’un domaine de "160 hectares dont 84 de bois, en bordure ouest de la forêt domaniale de Saint-Evroult (6 000 hectares)", précise Le Parisien. Le terrain de Luc Besson représente donc "1,4% du massif de Saint-Evroult", soit " une parcelle insignifiante" d’après son avocat Me Descoubes.

L’ennui, c’est que de nombreux cervidés apprécient la liberté accordée par leur hôte sur ses terres. Luc Besson est "attaché au caractère sacré de la vie sauvage", comme le rappelle son avocat auprès du quotidien. Le réalisateur de "Léon" ne souhaite donc pas exercer "son droit de chasse". Et encore moins permettre aux chasseurs ornais de venir le faire sur ses terres.

Sans chasse autorisée, "entre 50 et 100" cerfs s'épanouissent à l'abri des balles sur le domaine de Luc Besson, selon la Fédération des chasseurs de l’Orne. D’après l’union des chasseurs normands, cette prolifération "ravage" depuis 2012 les récoltes agricoles "de maïs et de blé" des parcelles riveraines du réalisateur.

Il n’en fallait pas plus pour lancer une querelle sous fond de lutte "animalo-environnementale" dans l’Orne. Des agriculteurs locaux victimes de dégradations ont déclaré leurs sinistres sous la bannière "dégâts de grand gibier" à la Fédération départementale des chasseurs, conformément au code de l’Environnement. 

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Et des chasseurs irrités ont dû mettre la main au portefeuille en solidarité avec les sinistrés agricoles, comme l’exige leur régime spécial. Selon l'avocat des chasseurs, Me Charles Lagier, la Fédération des chasseurs a ainsi "versé 117.451 euros depuis la saison 2012-2013". Et ce système législatif particulier permettant aux chasseurs de demander à leur tour des comptes au "responsable des dégâts" causés par les cerfs, leur organisation de l’Orne réclame à Luc Besson "122.198 euros pour couvrir les indemnités versées à une demi-douzaine d'agriculteurs et divers frais engagés dans cette procédure". 

Audience le 30 septembre

Plusieurs réunions présidées par le préfet du département de l’Orne ont eu lieu pour tenter de trouver une solution à ce litige local. En vain. Un règlement à l’amiable a même été offert au cinéaste en mars par la Fédération des chasseurs. D’après son avocat Me Descoubes, cette proposition n’a pas aboutie pour une raison simple : "La démonstration que M. Besson aurait commis une faute n'est absolument pas faite".

La bataille autour de ces cerfs réfugiés chez le cinéaste, à qui Brigitte Bardot a manifesté son soutien ce lundi sur Twitter, risque de durer encore un moment. L’audience prévue ce lundi a été reportée, à la demande de l’avocat des chasseurs, et fixée au 30 septembre prochain. 

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