Luc Besson et ses cerfs remportent leur bataille judiciaire contre les chasseurs de l'Orne

Luc Besson et ses cerfs remportent leur bataille judiciaire contre les chasseurs de l'Orne

QUERELLE DE VOISINAGE - Le tribunal d'instance d'Argentan a débouté la fédération des chasseurs de l'Orne qui avait porté plainte contre le réalisateur français, qu'elle accusait de laisser proliférer des cerfs sur sa propriété. L'association a déjà annoncé qu'elle allait faire appel de la décision.

Y a-t-il trop de cerfs chez Luc Besson ? C'est ce qu'a cherché à faire valoir la fédération des chasseurs de l'Orne devant la justice, affirmant que le réalisateur français laissait proliférer les animaux sur sa propriété d'environ 160 hectares, dont la moitié de bois, à La-Trinité-des-Laitiers, à une cinquantaine de kilomètres au nord-est d'Alençon. Mais ce jeudi 26 décembre, le tribunal d'instance d'Argentan a débouté les plaignants qui ne comptent pas en rester là. "On ira devant la cour d'appel", a annoncé leur avocat, Me Charles Lagier. 

L'union des chasseurs normands estime que la présence des cerfs sur le terrain de Luc Besson ravage les récoltes agricoles des parcelles riveraines depuis plusieurs années. Elle lui réclamait environ 106.000 euros de dommages pour des dégâts constatés entre 2014 et 2018. Une somme que la fédération avait dû verser aux agriculteurs concernés.

Me Lagier a qualifié le jugement d'"extrêmement subjectif". "Le raisonnement global du tribunal, c'est de dire 'il y a beaucoup de cerfs mais ce n'est pas Luc Besson qui est à l'origine de cette prolifération et même si il avait chassé il y aurait des dégâts'", a ajouté l'avocat. Pour la fédération, "ne pas chasser quand on abrite une centaine de cervidés, c'est ne pas assumer les conséquences sociales de ce choix idéologique" qui "a des conséquences sur les voisins et sur les finances de la fédération" de chasseurs. 

Soit il respecte le plan de chasse, soit il assume financièrement- L'avocat des chasseurs à propos de Luc Besson

L'avocat de Luc Besson, Me Jean-Marc Descoubes, s'est félicité de voir "tous ses arguments" retenus par la justice.  "Il n'est pas démontré de concentration anormale de gibier chez Luc Besson et le lien de causalité entre les dégâts constatés et l'éventuelle présence de cervidés chez lui n'est également pas démontré", a précisé le représentant légal du réalisateur. En 2017, un plan de chasse avait été acté entre les deux parties pour que le cinéaste tue neuf cerfs. "Mais cette année-là, les dégâts aux cultures ont augmenté. Alors, Luc Besson il fait quoi ? C'est à se tirer les cheveux", avait déclaré Jean-Marc Descoubes lors de l'audience du 4 novembre. 

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Il avait aussi plaidé que le bois du cinéaste ne représentant que "1% de la forêt de Saint-Evroult", ce n'était "pas un espace vital pour les cerfs". "Le débat ici, ce n'est pas chasser (ou pas, ndlr). C'est payer. Il ne chasse pas. Dont acte. On est en démocratie. C'est son droit. Mais soit il respecte le plan de chasse, soit il assume financièrement", avait plaidé Me Lagier, l'avocat des chasseurs qui devrait donc poursuivre sa bataille judiciaire avec le réalisateur.

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