Maisons, motos, droits d’auteurs… Que trouve-t-on dans l’héritage de Johnny Hallyday ?

BIG BUSINESS – Le bataille judiciaire qui s’annonce autour de l’héritage de Johnny Hallyday pose la question du patrimoine réel du chanteur. Maisons, droits d'auteurs, projets, souvenirs... LCI fait le point.

Décédé le 5 décembre à l’âge de 74 ans, Johnny Hallyday laisse derrière lui des millions de fans éplorés… et une famille qui se déchire désormais autour de son héritage. Le rockeur ayant écarté de la succession ses enfants aînés David et Laura au profit de sa dernière épouse, Laeticia, et de leurs filles adoptives Jade et Joy, une sombre bataille judiciaire devrait s’ouvrir dans les prochaines semaines. Sur quoi porte-t-elle au juste ? Explications…

Les biens immobiliers

A sa mort, Johnny Hallyday possédait trois maisons. Il y a bien sûr La Savannah, la demeure de 900 m2 à Marnes-la-Coquette où il est décédé. Le chanteur et Laeticia l'avaient achetée en 1999 pour l'équivalent de 4,9 millions d’euros. Le couple avait déjà cherché à la vendre, au début des années 2010. Depuis sa disparition, Laeticia l’a remise sur le marché, ce qui signifie qu’elle en serait déjà devenue propriétaire, ces dernières semaines au moins, sans doute via l’une des sociétés à son nom. Sa valeur est estimée aujourd’hui entre 15 et 20 millions d’euros. 


La veuve du rockeur et leurs deux filles, Jade et Joy, sont retournées s’installer dans la ville de Pacific Palisades, quartier résidentiel de Los Angeles en Californie. C’est la résidence principale du clan, qui n’a vraisemblablement pas l’intention de la vendre. Tout comme leur maison de vacances, à Saint-Barthélemy, encore moins depuis que la star a été enterrée sur l'île. Lorsque la famille Hallyday n'y logeait pas, elle était louée à raison de plusieurs centaines de milliers d’euros par semaine. En revanche régulièrement cité dans les médias, le chalet à Gstaad aurait, selon nos informations, déjà été vendu il y a plusieurs années.

Les droits d’auteur

C'est le gros morceau. Le plus complexe à évaluer aussi. Au cours de sa longue carrière, Johnny Hallyday a enregistré 50 albums studio sur lesquels figurent près de 1300 chansons. Sur la majorité, il a touché un pourcentage des ventes en tant qu’interprète. Sur une petite partie, une centaine environ, il a touché un pourcentage à la fois comme interprète et comme compositeur. 


D’après un spécialiste du secteur musical, cité par Le Parisien, l’idole des jeunes avait négocié ces dernières un contrat très avantageux avec Warner, sa maison de disques, et se voyait reverser 20 % du prix hors taxe de chaque CD vendu. Soit globalement 2 euros par disque. Sorti fin 2015, le dernier album de Johnny, "De l’amour", s’était vendu à 300.000 exemplaires. Faites le calcul… 


Vu l'explosion des ventes de ses vieux disques après sa mort, et l’attente autour de son album posthume, à paraître dans le courant de l'année, le business Hallyday a encore de beaux jours devant lui. 70 ans à compter de la date de commercialisation des chansons plus précisément. Passé ce délai, elles tomberont en effet dans le domaine public. 


Se pose également la question des sommes générées désormais par son catalogue musical – en radio, en streaming, en boite de nuit ou à la télé. Et là, l’article L123-6 du Code de la propriété intellectuelle prévoit un usufruit "spécial et exclusif au profit du conjoint survivant".


A moins d’un accord préalable, Laura Smet ne touchera jamais le moindre centime sur la chanson qui porte son nom. Contrairement à David qui lui perçoit régulièrement des royalties en qualité d’auteur de l’album "Sang pour Sang", le plus gros succès de son père.

Les droits d’image

L’enjeu est autant financier que symbolique. Laura et David exclus du testament, c’est à Laeticia que revient le dernier mot sur tous les projets à venir autour du défunt. Un biopic comme c’est souvent le cas pour une star de cette envergure ? C’est Laeticia qui décidera. Un spectacle autour de ses chansons, comme la rumeur l'a dit il y a quelques semaines ? C’est Laeticia qui décidera. Idem pour des projets de documentaire, d’émission télé, de concert hommage ou  encore l’utilisation de ses tubes dans des publicités – remember Optic 2000 ? Là encore, c’est Laeticia qui décidera… Et qui touchera l’intégralité des revenus qui en découleront.

Les "souvenirs" personnels

"S’il en était ainsi, son père ne lui aurait rien laissé : ni bien matériel, ni prérogative sur son œuvre artistique, ni souvenir – pas une guitare, pas une moto, et pas même la pochette signée de la chanson Laura qui lui est dédiée", observent les avocats de Laura Smet dans le communiqué transmis ce lundi matin à l’AFP. 


Les termes de l’héritage de Johnny laissent en effet entendre que le sort de tous les "souvenirs" du rockeur, grand collectionneur de voitures, motos et instruments de musique, sans parler de sa garde-robe et de ses tenues de scène, est entre les mains de Laeticia. Rien n’empêche la veuve du rockeur d’en donner une partie à David et Laura. Ou de tout mettre dans un musée… 

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