Meghan et Harry : pourquoi leur vrai faux-départ de la famille royale pose déjà problème

Meghan et Harry : pourquoi leur vrai faux-départ de la famille royale pose déjà problème
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"MEGXIT" - La duchesse et le duc de Sussex ont annoncé, mardi 8 janvier, leur volonté de se mettre en retrait de leurs activités royales pour retrouver leur indépendance financière. Tout en continuant de vivre sous la protection rapprochée de Scotland Yard à leur domicile de Windsor, entièrement rénové aux frais du contribuable britannique. Un entre-deux qui fait grincer des dents outre-Manche...

Ils veulent voler de leurs propres ailes. Mais ne comptent trop s'éloigner du nid non plus. Là réside toute l'ambiguïté de l'annonce choc de Meghan et Harry de se mettre en retrait de la famille royale britannique. La duchesse et le duc de Sussex  "ont l'intention de renoncer à leurs rôles de premier plan" au sein du clan Windsor-Mountbatten et "de travailler pour devenir financièrement indépendants, tout en continuant à soutenir pleinement sa Majesté la reine". 

Le couple affirme vouloir poursuivre sa collaboration avec le prince Charles, le prince William "et toutes les parties concernées". Jouer aux princes oui, mais pas trop non plus. Si c'est tout à leur honneur de vouloir s'offrir une vie plus calme loin de la pression des tabloïds, l'entre-deux inédit qu'ils envisagent de créer s'attire déjà les foudres au Royaume-Uni.

Parce que si Meghan et Harry espèrent laisser derrière eux les aspects négatifs qui vont de pair avec un statut de membre "senior" de la famille royale britannique, ils n'oublient pas de conserver l'essentiel. À commencer par leur domicile de Frogmore Cottage, à Windsor, où ils se sont installés avant la naissance de leur fils Archie en mai dernier. La maison, rénovée pour la modique somme de 2,6 millions d'euros aux frais non pas de la princesse mais du contribuable britannique, restera leur base en Angleterre pour une partie de l'année. L'autre devrait se jouer pour eux au Canada, où ils ont fêté Noël et le jour de l'an.

Ils ont fait de leur nom royal une marque déposée

Impossible aussi pour eux de se passer de la garde rapprochée chargée de leur sécurité. Une assurance tous risques là encore payée par les Britanniques.. mais qui ne traversera pas l'Atlantique si le couple venait à s'installer au Canada. "L'énorme et secret coût de la sécurité est entièrement financé par les impôts", confirme ainsi sur Twitter le correspondant royal Simon Vigar. "Leur protection requiert plusieurs équipes qui tournent. Cette protection officielle s'arrêtera si/quand ils ont cesseront d'être des 'Altesses royales'", souligne-t-il. Car s'ils prennent leurs distances avec la famille royale, les tourtereaux n'abandonnent pas pour autant leurs titres.

Et autant vous dire qu'être un Sussex, ça peut rapporter gros. Il y a quelques semaines, le couple a fait de son nom royal une marque déposée sur plus de 100 objets allant du t-shirt aux livres en passant par les pyjamas, rappelle le DailyMail. De quoi mettre un peu de beurre dans les épinards qu'ils promettent de se cuisiner eux-mêmes. Mais se faire de l'argent sur une fonction qu'ils ne veulent plus remplir totalement, est-ce bien honnête ? Les anti-royalistes ont sauté sur l'occasion pour souligner ce point. "Les titres et positions royales sont des postes publics et doivent être gouvernés par les mêmes règles que les autres fonctions officielles et les politiques. Faire un profit privé à partir d'un poste public s'appelle de la corruption", insiste Republic, un mouvement qui milite pour remplacer la monarchie par un chef d'Etat élu.

"Renoncez à vos titres, bande de lâches"- L.A Times

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"Renoncez à vos titres, bande de lâches", titre un édito du Los Angeles Times. "Harry et Meghan, ayez le courage de vos convictions. Renoncez à vos titres snobinards et stupides, et vivez comme nous tous", insiste la journaliste du quotidien très remontée dans son commentaire. Edouard VIII, l'oncle d'Elizabeth II, a bien abdiqué par amour pour une autre Américaine divorcée, Wallis Simpson, en 1936. Mais il a fait son choix. Évoluer en même temps dans la sphère publique et la sphère privée, voilà un mélange des genres inédit pour la famille royale qui risque d'être délicat à mettre en place.

Un big bang dans l'organisation d'une potentielle régence

Il suffit de voir la première réaction de Buckingham Palace pour s'en convaincre. Dans un communiqué laconique, le palais assure que "les discussions avec le duc et la duchesse de Sussex n'en sont qu'à leurs prémices". "Nous comprenons leur désir de prendre une autre voie, mais ce sont des questions compliquées qui prennent du temps à régler", conclut le texte. Entre les lignes, on lit que la reine et le prince Charles ont été aussi surpris que tout le monde de cette annonce. Il se murmure que la souveraine a appris la nouvelle en regardant la télévision.

Meghan et Harry auraient tout planifié pendant leur séjour au Canada, dessinant dans le plus grand des secrets leur site Internet qu'ils ont lancé dans la foulée de leur annonce. Sauf que leur rebelle attitude n'a pas pris en compte certains éléments clés. Alastair Bruce, éminent spécialiste de la royauté, met en lumière une place particulière qu'occupe le prince Harry dans l'Acte de régence 1937. Le duc de Sussex est l'un des quatre "Counsellors of State", avec son père Charles, son frère William et son oncle Andrew - qui s'est depuis retiré de toute activé publique en raison de son implication dans l'affaire Epstein

Chacun est en mesure de remplacer la reine dans certaines de ses fonctions. Si le prince George devait accéder au trône avant ses 18 ans, c'est son oncle qui serait son régent. Mais quid de cette organisation si l'époux de Meghan envoie balader ses devoirs royaux les plus importants ? L'épine est désormais dans le pied de la reine qui commence aussi mal 2020 qu'elle a fini 2019.

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