"L'impact a presque brisé mon globe oculaire" : Melissa Benoist ("Supergirl") livre un poignant témoignage sur les violences conjugales

"L'impact a presque brisé mon globe oculaire" : Melissa Benoist ("Supergirl") livre un poignant témoignage sur les violences conjugales
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COURAGE - L'actrice américaine de 31 ans raconte, dans une vidéo de près d'un quart d'heure postée sur Instagram jeudi 28 novembre, les mois d'humiliation et de coups reçus par son ancien compagnon qu'elle ne nomme pas. Une prise de parole qui, elle l'espère, pourra aider les femmes dans la même situation à oser quitter leur agresseur.

Son regard ne quitte la caméra que pour regarder ses notes. Car plutôt que de le retranscrire à l'écrit, Melissa Benoist a préféré lire "à voix haute" un témoignage qu'elle n'aurait "jamais pensé" délivrer. L'actrice américaine, à l'affiche de la série "Supergirl", a choisi à son tour de briser le silence qui entoure les violences conjugales. "Je suis une survivante de violences conjugales", commence la jeune femme de 31 ans en préambule d'une vidéo de près d'un quart d'heure dans laquelle elle ne cache rien. Si ce n'est le nom de son bourreau.

De lui, elle dit qu'il était "magnanime" et "ne vous donnait pas trop le choix de ne pas être attiré par lui". "Il pouvait être charmant, drôle, manipulateur, sournois", poursuit-elle. Il était plus jeune qu'elle, elle était fraîchement célibataire et pas intéressée au départ. Puis ils sont devenus amis. "C'était un ami qui me faisait rire, qui m'a fait me sentir moins seule, me sentir spéciale (....)", dit-elle avant d'expliquer que tout a changé quand ils ont commencé à se fréquenter.

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"A l'époque, la manière dont il prenait soin de moi et dont il me chérissait était très agréable. Il m'aimait, je pensais l'aimer et j'allais faire en sorte que ça fonctionne. Les violences n'étaient pas physiques au départ", raconte-t-elle, évoquant les insécurités, les doutes et la dépression de son compagnon. Des troubles qui ont facilité le fait qu'elle l'excuse "quand l'homme abîmé de qui elle était tombée amoureuse est devenu trop blessé pour se contrôler". Melissa Benoist se souvient de la jalousie excessive de son petit ami qui "fouinait dans son téléphone" et "se mettait en colère quand elle parlait à un autre homme". "J'ai dû souvent changer de vêtements avant de sortir parce qu'il ne voulait pas que les gens me regardent", insiste-t-elle.

Le travail était devenu "un sujet sensible" car "il ne voulait pas qu'elle embrasse ou qu'elle flirte avec un autre à l'écran". Alors Melissa Benoist a "commencé à refuser des auditions, des propositions professionnelles, des amitiés parce qu'elle ne voulait pas le blesser". "Avec le recul", elle reconnaît que tous les "drapeaux rouges" étaient là pour indiquer que la suite serait plus violente. "Parce que la violence physique est souvent précédée de maltraitance psychologique". Cinq mois après les débuts de leur relation, son compagnon lui jette un smoothie au visage. Elle en avait partout mais elle "était plus inquiète à propos des meubles que par le fait que je venais d'être violentée".

J'ai appris ce que ça faisait d'être clouée au sol et giflée à répétitions (...), d'être poussée sur un mur si fort que le placo s'est brisé, d'être étouffée- Melissa Benoist

Elle n'a rien dit pendant longtemps des accès de violence de son partenaire "à cause de la honte" qu'elle ressentait et "par peur d'autres attaques". "La difficile vérité, c'est que j'ai appris ce que ça faisait d'être clouée au sol et giflée à répétitions, frappée si fort que le vent émanait de moi, tirée par les cheveux le long du trottoir, de recevoir des coups de tête, d'être pincée jusqu'à ce que ma peau cède, d'être poussée sur un mur si fort que le placo s'est brisé, d'être étouffée", énumère-t-elle. "J'ai appris à m'enfermer dans les pièces mais j'ai vite arrêté parce que la porte finissait toujours pas être détruite. J'ai appris à n'accorder aucune valeur à mes biens, remplaçables ou irremplaçables. J'ai appris à ne m'accorder aucune valeur", ajoute-t-elle.

Chaque scène de violence se finissait avec son bourreau qui la déposait dans la baignoire et s'excusait en pleurant. "Il ne m'avait jamais fait comprendre que je méritais d'être frappée", souligne-t-elle, ce qui a alimenté sa sympathie pour son agresseur. "Dans le fond, je savais qu'il ne changerait pas. Mais je me suis fourvoyée en croyant que je pouvais l'aider. Je pensais que je pouvais l'aimer assez pour lui montrer que ce n'est pas avec la violence qu'il faut gérer ses émotions", dit-elle. La situation a duré pendant des mois, amenant la comédienne à changer et à devenir une autre autre personne. En public, elle se montrait souriante mais "elle était devenue la version la plus laide d'elle-même" et "vivait un cauchemar à la maison". Elle a menti à ses proches pour expliquer ses griffures et ses bleus, pour le protéger lui.

Puis une étape de plus a été franchie. Son compagnon lui a jeté son téléphone portable au visage. "L'impact a déchiré mon iris, presque brisé mon globe oculaire, lacéré ma peau et cassé mon nez. Mon oeil gauche était tellement enflé qu'il était fermé. Ma lèvre était boursouflée, le sang coulait sur mon visage (...)... Quelque chose s'est brisé en moi, ça a été trop loin", relate-t-elle. Le lendemain, elle devait retourner des scènes pour un film et a sorti à tout le monde le même mensonge. "J'ai raconté que j'étais tombée dans l'escalier (...). Cette blessure ne guérira jamais, ma vision ne sera plus jamais la même", insiste-t-elle. Ce déclic lui a permis de s'échapper et de reprendre sa vie en main. Et elle espère que son témoignage pourra avoir le même impact sur les femmes victimes de violences conjugales.

"Les chiffres montrent qu'une femme de plus de 18 ans sur quatre aux Etats-Unis sera victime de violences conjugales dans sa vie (...). Je veux que les statistiques changent", conclut celle qui "a choisi d'aimer". Divorcée de son collègue dans "Glee" Blake Jenner et aujourd'hui mariée à Chris Wood, son partenaire dans la série "Supergirl", Melissa Benoist a reçu une importante vague de soutien sur Twitter où le hashtag #IStandWithMelissa ("Je soutiens Melissa") était l'un des plus partagés ce jeudi.

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