Miss France témoigne après l’incendie de son immeuble : "Je suis en vie, c’est le plus important"

Miss France témoigne après l’incendie de son immeuble : "Je suis en vie, c’est le plus important"
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INTERVIEW - Evacuée par les pompiers après l’incendie de son immeuble qui a fait un mort dans la nuit de vendredi à samedi, Clémence Botino raconte à LCI les heures qui ont suivi le drame.

Sylvie Tellier est la première à avoir donné de ses nouvelles. "Saine et sauve" mais "choquée", Clémence Botino a été secourue sur son balcon par les pompiers de Paris alors que son immeuble du 17e arrondissement de la capitale était en flammes, dans la nuit du 3 au 4 juillet. Un drame qui a coûté la vie à un de ses voisins. 

Trois jours après les faits, Miss France 2020 a accepté de prendre la parole. Au téléphone, le sourire est revenu dans sa voix. La jeune Guadeloupéenne de 23 ans s'excuse presque quand on lui demande comment elle va. Ses premières pensées vont aux victimes - l'incendie a fait un mort - à leurs proches, et aux "héros" qui l'ont sauvée le week-end dernier.

Comment allez-vous ?

Clémence Botino, Miss France 2020 : Ça va très bien, c’est gentil de demander. Je suis en vie, c’est le plus important. Tout le monde n’a pas eu cette chance-là. Il n’y a pas que moi, il y a aussi toutes les personnes qui étaient présentes ce soir-là dont la personne âgée qui n’a pas survécu. D’autres sont encore gravement touchées. Moi, ce n’est que du matériel. Des personnes ont perdu bien plus. Quand j’ai appris qu’il y avait eu un décès, c’était un choc. C’est là qu’on se rend compte de la gravité de ce qui s’est passé vendredi soir. Je ne peux pas me plaindre dans ces cas-là parce que je n’ai rien. Je pense vraiment à toutes ces familles, aux victimes et à leurs proches.

Pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé dans la nuit de vendredi à samedi ?

J’étais chez moi et peu avant minuit, j’ai entendu une alarme. J’ai été voir ce qui se passait dans le couloir. Il y avait énormément de fumée partout, des gens qui criaient. J’ai essayé de partir en prenant les escaliers mais j’ai fait demi-tour parce que je me suis rendue compte que ça ne servait à rien. Je suis retournée dans mon appartement, j’ai ouvert le volet, je suis sortie et je suis restée sur mon balcon le temps que les pompiers puissent venir me chercher. Sur le moment, j’ai laissé la porte de l’appartement ouverte donc toute la fumée est entrée. J’ai eu très peur, c’est indéniable. Mais les voisins m’ont aidée. Il y avait un monsieur sur le balcon du dessous, un couple sur le balcon de droite qui a essayé vraiment de me rassurer. Ils me disaient : "Clémence, calme-toi. Raconte-nous ta journée". J’étais assez paniquée. Il y avait une personne âgée au-dessus aussi. L’incendie s’est déclaré côté cours et je vis côté rue. Je ne sais pas du tout à quelle heure sont arrivés les pompiers mais je pense que j’ai fait partie des dernières personnes évacuées. Je n’ai pas été en contact direct avec le feu, c’était vraiment la fumée.

C’était eux ou rien. Les pompiers étaient mon seul espoir de sortir de là- Clémence Botino, Miss France 2020

Vous évoquez vos voisins qui ont essayé de vous rassurer. Avez-vous eu de leurs nouvelles depuis ?

Pour l’instant, non. On n’a pas forcément le numéro de nos voisins. L’immeuble est inhabitable à partir du troisième étage donc pour le moment tous les habitants qui étaient là ce soir-là ont été relogés comme moi. Je suis en contact avec la concierge, je suis retournée dans le bâtiment. J’ai croisé quelques voisins mais ils n’étaient pas là vendredi soir. Le peu de personnes que j’ai vues étaient bienveillantes et avaient le sourire. Je ne sais pas comment ça se passe après un incendie, si les voisins se retrouvent pour en parler. Mais j’espère que dans un avenir proche on pourra tous se revoir. 

Le logement que vous occupiez depuis votre élection en décembre est désormais inhabitable. Comment s'organise votre relogement ?

Pour l’instant, je suis logée à l’hôtel. Ensuite, c’est un peu compliqué. On est en train de faire l’état des lieux, de lister ce qui a été perdu. Je verrai en fonction des nouvelles qu’on va me donner mais je ne sais pas du tout combien de temps ça peut prendre. J’ai pu récupérer mes papiers déjà. Je n’avais même pas de chaussures quand j’ai quitté l’immeuble. Je n’avais rien du tout. J’ai pu racheter des vêtements et le nécessaire. Je suis très entourée par mes proches, mes amis et bien sûr par l’organisation Miss France. Le soir de l’incendie, Estelle Sabathier (une ancienne Miss qui travaille aux côtés de Sylvie Tellier, ndlr) est venue, mon petit frère aussi.

La solidarité de la famille des Miss s’est tout de suite mise en route.

Oui, complètement. Marine Lorphelin était là aussi vendredi. Toutes les Miss m’ont demandé comment j’allais, elles voudraient toutes m’accueillir chez elles. Je ne suis vraiment pas seule donc tout va bien.

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C’est un détail mais on imagine que votre couronne et votre écharpe sont restées à l’appartement.

J'ai pu les récupérer. Parce que bien sûr au moment de l’incendie, je n’ai pris que mon téléphone avec moi. La couronne est intacte car elle était dans une boîte, dans un placard. Par contre, l’écharpe a été plus exposée. Il va falloir la nettoyer. Je pense qu’elle est réutilisable mais pas pour l’instant. Elle sent un peu la fumée, ce n’est pas très agréable.

Sylvie Tellier a rendu hommage aux pompiers qui ont permis l'évacuation de 18 personnes dans votre immeuble. Quel message souhaitez-vous leur transmettre ?

Merci, merci. Je pense qu’on est tous reconnaissants envers les pompiers parce qu’on a tous conscience qu’ils sauvent des vies. Mais là, c’était eux ou rien. Ils étaient mon seul espoir de sortir de là. Comme je suis restée longtemps sur mon balcon, je les ai vus essayer de rentrer dans le bâtiment, courir dans tous les sens, être là pour les gens. A la fin, quand j’ai quitté les lieux, je les ai vus au sol, épuisés et à bout. Je me suis dit : 'Mais quel courage !' Ils risquent vraiment leur vie pour nous. Je ne comprends même pas comment c’est possible d’avoir suffisamment de courage pour entrer dans un immeuble en feu. C’est incroyable. J’avais peur donc je criais un peu, mais eux ils restaient très calmes. Ils trouvaient les mots exacts. Ce sont des héros. On ne s’en rend pas compte mais un incendie peut vite dégénérer. On n’est pas préparé pour ça. En Guadeloupe, on fait souvent des exercices dans les écoles en cas de tremblements de terre. On sait plus ou moins comment réagir si ça arrive, et encore ! Mais un incendie, c’est quelque d’incontrôlable. On ne sait pas comment réagir. Les pompiers sont là pour nous guider et nous rassurer. J’ai vraiment envie de leur rendre hommage. J’espère pouvoir aller à leur rencontre cette année et les remercier vraiment de vive voix. 

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