Hommage Annie Cordy : "Au cinéma, elle était extraordinaire et dans l'émotion", témoigne Jean-Paul Rouve sur LCI

Hommage Annie Cordy : "Au cinéma, elle était extraordinaire et dans l'émotion", témoigne Jean-Paul Rouve sur LCI
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TÉMOIGNAGE - L'acteur réalisateur Jean-Paul Rouve, qui a dirigé Annie Cordy dans son film "Les Souvenirs", rend hommage ce samedi à une actrice "extraordinaire" et "dévouée à son public".

"C’est quelqu’un de mon enfance mais c’était surtout une grande actrice que j’aimais beaucoup". L'acteur et réalisateur Jean-Paul Rouve a dirigé Annie Cordy, décédée ce vendredi 4 septembre à l'âge de 92 ans, dans son film Les Souvenirs, une adaptation sensible du roman de David Foenkinos qui avait rassemblé plus de 1 million de spectateurs en salles à sa sortie en 2015. 

La comédienne y jouait de façon très touchante une vieille dame s'échappant de sa maison de retraite et rappelait qu'il ne fallait absolument pas la cantonner à la chanson Tata Yoyo et à son art (pourtant formidable) consistant à dérider les zygomatiques de millions de Français dans les années 70. Polyvalente, elle savait surprendre et émouvoir aussi, dans Le Passager de la pluie de René Clément, dans Le Chat face à Jean Gabin et Simone Signoret ou encore dans Rue Haute d'André Ernotte, où elle jouait une poissonnière bruxelloise devenue folle après avoir assisté à la rafle de son mari par les Allemands.

A la question de savoir pourquoi elle n'avait pas davantage arpenté ce registre et ces émotions, Jean-Paul Rouve, interrogé ce samedi par LCI, confirme qu'elle "ne voulait pas de rôles dramatiques" : "Je lui demandais : 'pourquoi tu ne fais pas plus de films ?' Elle me répondait : 'Ce n’est pas ce que je préfère. Ce que j’aime le plus, c’est le public, la rencontre avec le public, avec les gens... C’était son choix et il fallait le respecter" dit-il avant de préciser : "Au cinéma, elle était extraordinaire et dans l’émotion parce que c’était une autre partie d’elle, qu’elle ne montrait jamais".

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"Elle faisait partie des gens comme Johnny Hallyday, dévoués à leur public"

Ainsi, Jean-Paul Rouve s'est souvenu de la capacité d'Annie Cordy à embrasser des contre-emplois : "Quand on a travaillé avec David Foenkinos sur 'Les souvenirs', je pensais à plein de comédiennes, mais c’est vrai que dans un coin de ma tête, j’avais toujours Annie Cordy", se remémore-t-il. Un choix qui, selon lui, avait surpris mais, assure-t-il, "je ne me suis pas trompé parce qu’elle était extraordinaire". 

Extraordinaire à l'écran, certes, mais aussi pendant le tournage, Jean-Paul Rouve confirmant l'énergie et l'appétit de vivre de l'actrice : "Tourner un film est difficile, fatigant. Quand on tournait Les Souvenirs, Annie avait 86 ans et elle avait des galas partout. Sa nièce Mimi, qui s’occupait d’elle, l’emmenait partout en voiture, avec  ses chiens à l’arrière – Annie ne prenait pas le train ni la voiture – et ensemble, elles faisaient des milliers de kilomètre. Parfois, poursuit-il, elle finissait de tourner à 17 heures, elle faisait trois heures de bagnole pour faire son gala dans un bled et revenait dans la nuit. Elle faisait partie de ces gens comme Johnny Hallyday dévoués à leur public et pudiques. Donc qui ne montrent pas leurs sentiments, qui sont là pour donner du plaisir" conclut-il. 

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