Mort de Marcel Azzola, l'accordéoniste de Barbara, Juliette Gréco, Edith Piaf ou Jacques Brel

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MUSIQUE - L'accordéoniste Marcel Azzola, qui a accompagné les plus grands noms de la chanson comme Jacques Brel, est décédé lundi à 91 ans, ont annoncé à l'AFP son agent Alexandre Lacombe et sa compagne Lina Bossati.

Marcel Azzola a tiré sa révérence. Le célèbre accordéoniste est mort lundi matin, à l’âge de 91 ans, a annoncé sa compagne. Son nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant : le musicien avait accompagné Barbara, Gilbert Bécaud, Juliette Gréco, Edith Piaf, Marcel Mouloudji.

Jacques Brel, lui, a permis à l’accordéoniste d’entrer dans la légende avec la chanson "Vesoul" (voir la vidéo ci-dessous) et le fameux "Chauffe Marcel, chauffe !" que lui avait lancé le chanteur pendant l'enregistrement. Marcel Azzola avait aussi contribué à faire progresser l'accordéon d'un point de vue technique et lui a donné un souffle nouveau en "osant le jazz", selon l'expression de Philippe Krümm, responsable du magazine "Accordéon Accordéonistes". 

Ses héritiers le vénèrent : "Il a toujours été un point de mire", affirme Richard Galliano. "Marcel, c'est une figure emblématique pour ma génération", estime Francis Varis.

Professeur à l'Ecole de musique d'Orsay pendant vingt ans

Né le 10 juillet 1927 dans le XXe arrondissement de Paris, de parents immigrés italiens installés à Pantin, le petit "Marcello" a été sensibilisé très tôt à la musique. Après le violon, son père, maçon et musicien amateur, l'oriente vers l'accordéon. Attilio Bonhommi, son second professeur, lui a inoculé l'amour de cet instrument. Après son premier concours en 1937, il accompagne l'année suivante au débotté la chanteuse réaliste Fréhel lors d'un radio-crochet. Sa carrière est lancée. Depuis les années quarante, en se perfectionnant auprès de Médard Ferrero, "Il Professore", il a promené son piano à bretelles partout, de brasseries en dancings, de studios en Six Jours cycliste au Vel'd'Hiv, de tournées avec Yves Montand en aventures dans le jazz, de duos en grands orchestres.

Sa culture classique, son habileté à déchiffrer, ont fait de lui dès la fin des années 40 un accordéoniste de studio très demandé. En 1949, il participe à l'enregistrement de "Sous le Ciel de Paris" d'Edith Piaf. Puis vinrent Gilbert Bécaud, Barbara, Boris Vian, Mouloudji, Juliette Gréco, Francis Lemarque, Yves Montand, mais aussi, entre autres, les Sex Pistols. L'accordéon de Marcel Azzola parcourt aussi la bande-son de nombreux films, comme cette petite mélodie accompagnant M. Hulot sur son solex dans "Mon Oncle" de Jacques Tati. Il a aussi côtoyé les rois du musette : Gus Viseur, et surtout Tony Murena. Sa technique lui a aussi permis de se glisser avec aisance dans le monde du jazz, et d'être un acteur du rapprochement entre jazz et musette dans les années 80.

Professeur à l'Ecole de musique d'Orsay pendant vingt ans, il a milité depuis les années 70, avec ses collègues Joe Rossi, Joss Baselli et André Astier, pour la reconnaissance de l'accordéon. Aboutissement de cet acharnement : l'inscription de cet instrument au CNSM (Conseil national supérieur de musique) de Paris en 2002. Statufié au Musée Grévin de 1969 à 1981, proposé pour la Légion d'Honneur qu'il avait refusée, Marcel Azzola souffrait depuis très longtemps de la Maladie de Dupuytren à la main droite. Le mal s'étant accentué, son activité s'était singulièrement réduite ces dernières années. Il passait l'essentiel de son temps dans la gentilhommière de Villennes-sur-Seine qu'il partageait avec Lina Bossatti, pianiste et violoniste talentueuse.

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