Mort de Med Hondo, la voix française d'Eddie Murphy et de Rafiki dans "Le Roi Lion"

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DISPARITION - Le réalisateur français d'origine mauritanienne, figure incontournable du doublage francophone, est décédé samedi 2 mars à l'âge de 82 ans, a annoncé sa famille.

Il se présentait comme acteur, réalisateur, producteur et cinéaste. Mais c'est sa voix que le public français reconnaissait entre mille. Med Hondo, qui doublait le comédien américain Eddie Murphy depuis des années, s'est éteint samedi 2 mars à l'âge de 82 ans, a indiqué sa famille à l'AFP. "Quand on double, il faut absolument regarder l’acteur dans les yeux pour lui donner la voix qui est la vôtre. C'est un métier d'acteur", expliquait-il avec son timbre si particulier.


"Le doublage vous permet d'être spectateur du film", estimait-il à l'heure où la VO sous-titrée envahit les salles de cinéma. Dans une vidéo tournée en marge du Festival de Toronto à l'automne 2016, il racontait "transpirer parfois pour faire un film" et perdre entre "500 grammes et 1 kg" pour chaque expérience de doublage. Un vrai métier d'acteur, on vous dit.

Indissociable de la star du" Flic de Beverly Hills", il était incapable de se souvenir du nombre exact de films qu'il avait doublés. C'est lui qui se cachait derrière Morgan Freeman dans "Bruce tout puissant", mais aussi derrière l'âne de la saga "Shrek" ou encore Rafiki, le sage singe du "Roi Lion", dont la nouvelle version est attendue en salles le 17 juillet prochain. 

Il travaillait à un film sur Toussaint Louverture, grande figure de la révolution haïtienne

 L'annonce de sa disparition a été faite alors que se terminait le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, qui lui avait décerné un prix en 1987 pour le film "Sarrounia". Né Mohamed Abib Hondo en Mauritanie, il s'était installé en France à la fin des années 1950. Docker puis cuisinier, sa carrière de réalisateur a débuté en 1969 avec le film "Soleil Ô". "Une attaque cinglante contre le colonialisme", selon le Festival de Cannes où le long-métrage a été rediffusé il y a deux ans. Sa copie a été restaurée grâce à la World Film Foundation de Martin Scorsese pour défendre le cinéma africain.

"Les Bicots-nègres, vos voisins" (1973), "West Indies ou les nègres marrons de la liberté" (1979), une comédie musicale sur le traite des esclaves.... Ses films suivants ont répondu au même credo : anticolonialisme et goût de la rébellion.  Il n'avait plus travaillé derrière la caméra depuis "Fatima, l'Algérienne de Dakar" en 2004. Mais il avait à coeur de développer un film centré sur la grande figure de la révolution haïtienne Toussaint Louverture. Un projet qui n'était encore qu'à un stade très préliminaire, a précisé à l'AFP le journaliste Amobé Mévégué qui était un de ses proches. 

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