Johnny, ce sont les chansons des autres qui en parlent le mieux

COMPIL - Orelsan, Maître Gims, Cali, Carlos, Les Fatals Picards, Les Wampas, Antoine, mais aussi sa famille... Tout au long de sa carrière, Johnny Hallyday a été un sujet d'inspiration pour de nombreux artistes. Florilège.

Depuis ses débuts dans les années 1960, jusqu'en 2017, Johnny Hallyday a été une source d'inspiration quasi inépuisable pour ses confrères. Que ce soit pour le critiquer, l'aduler, en rire ou en pleurer, l'idole des jeunes, décédée dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 décembre 2017, a été maintes fois mentionnée par des artistes français. Rap, punk, chanson française, tous les genres ou presque y passent. 

Antoine, le premier rival

Plusieurs décennies avant de s'affronter dans des publicités pour deux opticiens concurrents, Antoine et Johnny se sont envoyé quelques piques par chansons interposées. Quand il sort son premier tube, "Les Élucubrations d'Antoine", en 1966, ce dernier ne fait pas dans la dentelle. Il demande qu'on vende la pilule contraceptive dans les Monoprix et attaque frontalement Johnny, en l'imaginant dans une cage à fauves du cirque Medrano :


"Tout devrait changer tout le temps

Le monde serait bien plus amusant

On verrait des avions dans les couloirs du métro

Et Johnny Hallyday en cage à Medrano"


 Johnny Hallyday répondra avec le tout aussi célèbre "Cheveux longs et idées courtes" la même année.

Une rivalité était née. Toujours en 1966, Antoine persiste avec "Je dis ce que je pense et je fais ce que je veux". Et il compte toujours mettre Johnny dans une cage, pousuivant une querelle qui bénéficera aux ventes de disques des deux chanteurs :


"Je dis ce que je pense, je vis comme je veux

Je mets Johnny en cage, je n'aime pas Edith Mathieu

Que vous importe mes cheveux

J'ai les chemises que je veux

Je fais tout ça pour moi pas pour vous

Comprenez-le"

L'hommage punk des Wampas

En 1990, avec "Le costume violet", Les Wampas rendent un premier hommage au rockeur, déjà intégré au patrimoine national. Treize ans avant de connaître un succès national avec leur tube "Manu Chao", les punk menés par Didier Wampas évoquent l'idole des jeunes comme une figure lointaine mais à jamais respectée :


"Oh, yeah, j'aime bien la mer et le ciel bleu 

J'aime les chansons qui rendent heureux 

J'aime aussi Johnny Halliday 

Quand il met son costume violet"

En 2006, les Wampas passent à la vitesse supérieure et conscrent une chanson entière à Johnny Hallyday. Dans "Johnny", Didier Wampas se livre à un drôle d'exercice de modestie, et se demande s'il aurait les épaules pour écrire une chanson au monument du rock :


"Quand j'étais petit à la télé 

La fameuse machine à transpirer 

J'y repense sur scène 

Les yeux qui pleurent 

Il était si grand, moi si petit 

Même pas mon idole, une évidence 


Je ne sais même pas si j'oserais 

Ecrire une chanson pour Hallyday 


Ce n'est pas pour l'argent 

Ce n'est pas pour la gloire 

Ecrire une chanson pour Johnny"

Orelsan et Maître Gims : quand le rap se moque du chanteur franchouillard

Difficile de voir un hommage à Johnny dans "Christophe", la chanson d'Orelsan qui figure sur son dernier disque. Le rappeur y répète à l'envi le nom de Christophe Maé, et d'autres artistes, dont on devine qu'ils représentent selon lui une certaine idée de la France. À la toute fin d'un couplet rappé par Maître Gims, le nom de Johnny apparaît, seul, au milieu de Bernard Minet, Eddy Mitchell et Lorie. 


"J'suis l'pont entre Young Thug et Georges Moustaki

Le Noir le plus aimé du Central Massif

J'comprends toujours pas pourquoi autant d'Blancs me kiffent

Bernard Minet, Bernard Minet, Bernard Minet, Lorie

Eddy Mitchell, Eddy Mitchell, Eddy Mitchell, Johnny"

Quand les Fatals Picards ont chanté la mort de Johnny (et ont été censurés)

C'est l'histoire d'une chanson qui n'aurait pas du exister. En 2009, les Fatals Picards osent se demander ce qui se passerait le jour de la mort de Johnny Hallyday. Le hic : comme le rappelle Slate, que le groupe partage avec le rockeur la même maison de disque, Warner. Face au désaccord de Johnny, Warner enlève de l'album la chanson incriminée, mais les Fatals Picards mettent en ligne le clip du morceau. Johnny n'apprécie que moyennement et Warner exige que le clip soit retiré. Les Fatals Picards retirent la chanson maudite, s'excusent, mais précisent qu'elle est un "hommage à 'l'icône' ou au 'mythe' Johnny Hallyday, mais en restant sur le mode humoristique".


"Le jour où tu oublieras de vivre, J'oublierais d'être libre 

Est-ce qu'il fera beau ? 

Est-ce qu'il y aura des motos ? 

Est-ce qu'il y aura des anges en perfecto à franges ?

Et est-ce qu'on sera bronzé ? 

Est-ce qu'on sera à Saint Tropez ? 

Est-ce qu'il y aura des larmes, dans les yeux des chevaux ?"

Les Fatals Picards ne sont pas les seuls à se poser des questions. Dès 2003, dans "Il y a une question", Cali formule une série d'interrogations diverses et variées, sur son talent, sur son couple, sur les chasseurs. Et sur la mort de Johnny.


"Allez

Approche 

Il y a cette question qui hante mes nuits 

Combien de jours de deuil à la mort de Johnny ?"

Sylvie Vartan, David Hallyday : les hommages de sa famille

Mariés en 1965, séparés en 1980, ils ont connu 15 ans d'amour, de crises et de succès. Sylvie Vartan, qui a confié avoir "le coeur brisé" à l'annonce de la mort de Johnny Hallyday, a chanté à de nombreuses reprises avec ce dernier. Mais elle lui a également dédié quelques couplets pendant sa carrière en solo, comme en 1967, dans "2'35 de bonheur" :


Pour l'anecdote, c'est aussi la première chanson enregistrée par Carlos, qui sera témoin au mariage de Sylvie Vartan et Johnny Hallyday.


"Chaque soir tu vas chanter,

Pourtant tu n'es pas vraiment loin de moi

J'écoute un disque de toi et ça fait 2'35 de bonheur

Que tu me donnes quand tu n'es pas là"

Le fils de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan, David, évoquera également son père dans le titre "Héros", sorti avec le groupe Blind Fish en 1993. 

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Johnny Hallyday : la mort d'un géant

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