Johnny Rock, sosie officiel de Johnny Hallyday : "J’ai allumé la télévision et là, j’ai compris..."

INTERVIEW - Pour les nombreux sosies de Johnny Hallyday, le 6 décembre 2017 restera un jour particulièrement triste. Denis Le Men, alias Johnny Rock, premier sosie officiel de la star, rend hommage à son idole et compbi

Tout au long de sa carrière, il a conquis des générations de Français avec ses tubes Que je t’aime, Quelque chose de Tennessee, ou encore Allumer le feu. Avec la disparition de Johnny Hallyday, dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 décembre, à l’âge de 74 ans, c’est une légende de la chanson française qui s'en est allée. L’artiste était devenu un mythe vivant en France, ayant conquis un très large public qui appréciait autant sa personnalité la sensibilité et la force de ses chansons. La carrière de Johhny Hallyday est phénoménale : il a enregistré plus de mille titres, composé une centaine de chansons et vendu 110 millions de disques. Il est aussi certainement l'artiste français qui totalise le plus de sosies. LCI a contacté Denis Le Men alias "Johnny Rock", le premier sosie officiel de la star.

LCI : Comment avez-vous appris le décès de Johnny Hallyday ?

Johnny Rock : Aux alentours 4 heures ce matin, mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. C’était des fans, pour m’annoncer la nouvelle de la mort de Johnny. J’ai d’abord cru à un canular, parce que c’est déjà arrivé qu’on m’appelle pour m'annoncer sa disparition. J’ai allumé la télévision et là j’ai compris : 'C’est fini, il est parti…'

LCI : Quelle a été votre réaction en apprenant sa disparition ce matin ?

Johnny Rock : J’ai perdu ma mère le 6 novembre dernier, un mois jour pour jour avant la disparition de Johnny. Pour moi, Johnny, c'est comme un grand-frère. Il m’a accompagné tout au long de ma vie, depuis l’âge de 11 ans. Aujourd’hui, j’ai perdu ma raison de vivre. Ce mercredi 6 décembre 2017 est un jour de deuil pour moi, comme pour tous les autres sosies.

LCI : Quand avez-vous découvert sa musique pour la première fois ?

Johnny Rock : J’ai découvert Johnny en 1966, l’année de 'Noir c’est noir', avec l’album "Génération perdue". C’était révolutionnaire pour l’époque. Il criait, il se roulait par terre. Il sortait du lot, il était différent des autres chanteurs qu’on entendait sur les ondes à l'époque. Nos parents écoutaient Charles Trénet ou Tino Rossi. Johnny, lui, c’était le rebelle, le rockeur. Une révolution. Il a importé en France une nouvelle musique, le rock’n roll. On n’avait jamais entendu ce genre de musique avant lui. Et mon attachement pour Johnny ne m’a plus jamais quitté . Ça fait trente-trois ans que je fais le métier. J’ai été le premier sosie, les autres m’ont rejoint bien après, des années plus tard. Je me mets dans la peau de Johnny uniquement lorsque je suis sur scène, le reste du temps je reste moi-même, je suis Denis Le Men.

LCI : Vous avez rencontré votre idole à plusieurs reprises. Pouvez-vous nous raconter votre première entrevue ?

Johnny Rock : Ma première rencontre avec Johnny, ça remonte à 1992. J’avais 42 ans, à cette époque, j’étais déjà son sosie. J’avais commencé en 1984 à faire ce métier. Il était venu faire un concert du côté de Cherbourg. Après le concert, j’ai eu l’occasion de discuter avec lui. Il était avec son staff, mais il m’a laissé l’accompagner jusqu’à sa voiture. On a fait des photos ensemble, et il m’a fait une dédicace. Il m’a même offert le stylo qu’il avait utilisé pour signer, je l’ai mis sous verre pour éviter que les empreintes s’effacent avec le temps.

LCI : D’ailleurs que pensait Johnny de ses sosies ?

Johnny Rock : Quand je l’ai rencontré, je lui ai posé la question. Il m'avait répondu, avec un clin d’œil : 'J’entends beaucoup parler de toi, toujours en bien !'. Je crois qu’il était assez fier de savoir qu’il était l’artiste qui possédait le plus de sosies en France. Quelques années après notre première rencontre, on a eu l’occasion de se revoir. J’ai pu lui donner les photos qu’on avait prises lors de la première entrevue. Avec l’humour qu’on lui connait, en me faisant un clin d’œil, il m’avait lancé : "On dirait le petit frère du grand frère." J’ai consacré ma vie à Johnny. Ça m’avait fait vraiment plaisir qu’ils me disent ces quelques mots. En étant son sosie, c’est tout l’amour qu’on a pour lui qu’on témoignait.

LCI : La disparition de Johnny Hallyday marque-t-elle également la fin de votre carrière ?

Johnny Rock : J’ai 63 ans, j’espère monter sur scène encore quelques belles années et continuer à faire vivre sa légende, en respectant son travail, évidemment. Je quitte Cherbourg demain pour me rendre à Paris, pour me rapprocher de lui. Mais dès ce vendredi, je serai en tournée dans la région Grand Est, pour quatre concerts. Depuis qu’on savait sa maladie, pendant chaque concert, je lui fais un petit clin d’œil : 'Johnny, on t’aime ! Sois fort, reste avec nous, on est là.' Ce week-end, j’ai prévu de lui rendre un hommage. Il va y avoir des larmes, c’est certain.

LCI : Qu’on aime ou pas Johnny, personne ne peut rester insensible à sa musique. Comment l’expliquez-vous ?

Johnny Rock : Johnny chantait des chansons populaires, des histoires qui parlent aux gens. Il ne se contentait pas uniquement de chanter, sur scène, c’était un comédien. Chaque chanson, il la vivait sur scène. On ne peut pas rester insensible à cela, c’est impossible. Pour beaucoup de gens, en écoutant les chansons de Johnny, c’est des souvenirs qui rejaillissent, tout au long de leur vie. C’est aussi ça qui le rend aussi unique. Johnny, c’était un rebelle, sur scène, alors que dans la vie, c’était un agneau. Sa voix, sa gueule, son charisme. Il dégageait une telle puissance lors de ses concerts, comme aucun autre artiste.

TF1 rend hommage ce mercredi soir à Johnny Hallyday avec une soirée spéciale.

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