Nadine Trintignant défend Roman Polanski : "On devrait le remercier d'avoir fait ce film"

Nadine Trintignant défend Roman Polanski : "On devrait le remercier d'avoir fait ce film"
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POLÉMIQUE – Soutien de Romain Polanski depuis de nombreuses années, Nadine Trintignant a défendu sur LCI le réalisateur de "J'accuse", visé par de nouvelles accusations de viol.

Elle persiste et signe. Alors que Roman Polanski doit faire face à de nouvelles accusations de viol, Nadine Trintignant a une nouvelle fois défendu le réalisateur. Invitée sur LCI, la réalisatrice, très engagée contre les violences faites aux femmes (sa fille Marie est morte sous les coups portés par son compagnon Bertrand Cantat) a pris la défense du réalisateur franco-polonais âgé de 86 ans. Ce dernier - déjà sous le coup de poursuites judiciaires aux Etats-Unis depuis 1977, mais aussi mis en cause par de nombreuses femmes - est désormais accusée par Valentine Monnier, une photographe Française, de l'avoir rouée de coups puis violée en 1975 dans son chalet en Suisse. Un accusation révélée vendredi dernier et que le cinéaste a réfuté avec "la plus grande fermeté". Dans sa tribune publiée dans Le Parisien, Valentine Monnier dénonce aussi l'attitude d'un  "inconditionnel cénacle d'intellectuels et d'artistes persistant à (...)  soutenir" Roman Polanski malgré "de nombreuses autres accusations de viol" et  malgré #MeToo. 

"C'est injuste ce qu'il se passe pour Roman Polanski. (…) Elle a mis 44 ans avant de déposer plainte. En 44 ans il y a eu malheureusement des milliers de viols [...] et on n'en entend plus parler, heureusement", a lancé Nadine Trintignant. "Pourquoi on parle encore 44 ans après de Roman Polanski ? Parce que c'est quelqu'un de connu, un immense metteur en scène, juif en plus, ce qui doit en gêner certains. (...)Le poursuivre alors qu'on fiche la paix aux autres violeurs, c'est d'une bassesse terrible, d'un manque de noblesse. Je trouve ça dommage pour la France. [..] C'est honteux. A un moment où en Europe il y a sournoisement un mouvement antisémite qui renaît, de faire la guerre à Polanski.  Au lieu de lui faire la guerre, on devrait le remercier d'avoir fait ce film", poursuit la réalisatrice. 

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#BoycottPolanski

Ces propos interviennent alors que  la promotion du film "J'accuse" est largement perturbée par les nouvelles accusations de Valentine Monnier. Mardi soir, plusieurs dizaines de manifestantes féministes ont fait entendre leur colère devant le cinéma Le Champo, dans le 5e arrondissement de Paris, où avait lieu une avant-première. "Polanski violeur, cinémas coupables", "Dans ce cinéma on glorifie les violeurs", pouvait-on notamment lire sur les banderoles. La projection du film a été annulée. 

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Affaires Polanski : le résumé des accusations contre le réalisateur

Sur les réseaux sociaux, un hashtag #BoycottPolanski est apparu, tandis que  certains y détournaient mercredi les affiches du film, transformant notamment  le "J'accuse" en "J'abuse" ou "J'acquitte". La sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ancienne ministre de la  Famille, de l'Enfance et des Droits des femmes, a indiqué mercredi matin  qu'elle "n'irait pas voir le film" et appelé tout le monde à en faire autant.

Pour Céline Piques, porte-parole de 'Osez le féminisme" : "Roman Polanski utilise l'affaire Dreyfus pour se faire passer pour le nouveau Dreyfus. C'est une inversion gravissime", a-t-elle expliqué sur LCI. "C'est une instrumentalisation de l'affaire Dreyfus pour réécrire sa propre histoire. C'est intolérable. "

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