Nicolas Bedos contre Marine Le Pen : la décision attendue pour le 28 mai

Nicolas Bedos contre Marine Le Pen : la décision attendue pour le 28 mai

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JUSTICE - Le 28 mai prochain, Nicolas Bedos saura si, qualifier Marine Le Pen de "salope fascisante" est un trait d'humour ou bien une injure.

L'humoriste Nicolas Bedos était jugé ce lundi 7 avril par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour avoir traité la présidente du Front national, Marine Le Pen, de "salope fascisante" dans l'hebdomadaire Marianne. Dans cette chronique parue le 14 janvier 2012, Nicolas Bedos évoquait les expulsions menées l'année précédente, sous la présidence Sarkozy, alors que Claude Guéant était ministre de l'Intérieur.

"La droite entend ainsi lutter contre la montée de l'extrême droite. Ne laissons pas le terrain à Marine, la VRAIE méchante (...) Sauf que personne n'empêchera quelques idéalistes rigides de penser qu'à force de singer la salope fascisante celle-ci est déjà au pouvoir: (...) on l'appelle Claude Guéant", écrivait l'humoriste. Un qualificatif qui n'avait pas plu à la patronne du FN qui avait décidé de porter plainte contre Nicolas Bedos et Maurice Szafran, directeur de la publication de Marianne. Szafran l'était pour "injure", Nicolas Bedos pour "complicité". 

Le terme "salope" est un "objet humoristique"

Ce lundi, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, Wallerand de Saint-Just, l'avocat de Marine Le Pen a expliqué que "le mot 'salope' est bien une injure, c'est une expression outrageante, objectivement". Selon lui, "les humoristes ne sont pas drôles 24h/24" et la chronique de Nicolas Bedos "n'est pas drôle, c'est l'expression d'une opinion politique". "Dans le cadre de la polémique politique, on n'a pas le droit d'utiliser l'injure objective de 'salope" ", a plaidé l'avocat. 

Du côté de Nicolas Benoit, conseil de Nicolas Bedos, on a considéré que le terme "salope" est un "objet humoristique lui-même", rappelant que le terme avait été largement utilisé par le père de Nicolas Bedos, Guy Bedos, dans ses spectacles et par Jean-Marie Bigard dans son sketch sur le "lâcher de salopes". "Marine Le Pen a décidé de donner des cours d'humour aux humoristes", a moqué Me Nicolas Benoit.

"On peut ou on ne peut pas apprécier cet humour mais c'est parfaitement subjectif", a-t-il poursuivi. L'avocat a demandé la relaxe, au nom de la liberté d'expression. Une demande appuyée par Aurore Chauvelot, procureure de la République, qui a estimé que la phrase se situait "dans le registre de l'humour, de la caricature qui autorise l'outrance". La décision sera rendue le 28 mai prochain. 

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