Pour Adèle Haenel, "la France a complètement raté le coche" de #Metoo

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CINÉMA - Alors que Roman Polanski est nommé douze fois aux César qui auront lieu ce vendredi, l'actrice Adèle Haenel, qui a accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements répétés" quand elle était adolescente, estime que "la France a complètement raté le coche" de #Metoo.

A trois jours de la cérémonie des César, Adèle Haenel donne le ton. Dans une interview au New York Times, l'actrice, qui a accusé cet automne le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements répétés" quand elle était adolescente, estime que "la France a complètement raté le coche" de #Metoo.

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Alors que le film "J'accuse" de Roman Polanski est nommé douze fois et figure parmi les favoris, Adèle Haenel prévient : "distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes. Ça veut dire, 'ce n’est pas si grave de violer des femmes'".

Pour Adèle Haenel, "beaucoup d’artistes ont confondu, ou voulu confondre, le jeu sexuel et l’agression. Le débat s’est positionné sur la question de la liberté d’importuner et sur le prétendu puritanisme des féministes. Alors qu’une agression sexuelle est une agression, pas une pratique libertine".

On a un système judiciaire qui ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité."- Adèle Haenel

Selon elle, cela est le symptôme d'un loupé. "Il y a un paradoxe #MeToo en France : c’est l’un des pays où le mouvement a été le plus suivi, du point de vue des réseaux sociaux, mais d’un point de vue politique et médiatique, la France a complètement raté le coche", déclare l'actrice dans un entretien publié lundi 24 février en anglais et en français sur le site du quotidien américain.

"On a un système judiciaire qui ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité (...) la justice doit s’amender pour mieux traiter les femmes victimes de violence sexuelle", ajoute Adèle Haenel. "La loi française définit le viol comme un acte sexuel commis au moyen de violence, de surprise, ou de contrainte: elle est centrée sur la technique employée par l’agresseur, pas l'absence de consentement de la victime", estime l’actrice. 

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