Qui était David Hamilton, le photographe que Flavie Flament accuse de l'avoir violée à l 'âge de 13 ans ?

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ZOOM - Après le téléfilm "La Consolation" diffusé la semaine dernière sur France 3, dans lequel Flavie Flament accuse David Hamilton de l’avoir violée lorsqu’elle était enfant, France 5 propose ce mercredi un documentaire co-réalisé par la journaliste. L’occasion pour LCI de retracer le parcours du photographe controversé qui s’est donné la mort, le 25 novembre 2016.

C'est l'histoire d'une adaptation pas tout à fait comme les autres. Diffusée ce soir sur France 3, La Consolation met en images le livre témoignage de l'animatrice Flavie Flament, paru le 19 octobre 2016 aux éditions JC Lattès. Un ouvrage dans lequel elle révélait avoir été violée par un célèbre photographe, sans le nommer, à l'âge de 13 ans. L'occasion d'une interview émouvante - et glaçante - accordée le 16 octobre au journaliste Thierry Demaizière dans le cadre de l'émission "Sept à huit", sur TF1.


"J’avais des flashs d’images précises, que j’étais incapable de relier à quoi que ce soit (…) Une terreur qui ne me quittait pas le ventre. A bout de course, je suis allée voir un psychiatre qui m’a parlé de la mémoire traumatique", raconte-t-elle. Un jour, une photo tombe d’un album de famille et tout lui revient. "C’était comme un message que m’envoyait Poupette, la petite fille que j’étais. Je me suis vue, j’ai pris la photo et j’ai compris. J’ai murmuré : 'J’ai été violée à cet âge-là, à l’âge de 13 ans'", détaille l'animatrice.

Dans la foulée de la diffusion de cet entretien, d'autres femmes vont témoigner dans la presse, sous pseudonyme, et affirmer avoir subi le même sort de la part du photographe, pendant leur adolescence. C'est le 22 octobre sur le plateau de "Salut les Terriens!", l'émission de Thierry Ardisson sur C8, que le nom de David Hamilton sera prononcé en premier dans cette affaire.


"Je ne peux pas donner son nom car j'ai aujourd'hui 42 ans et j'avais, selon la loi française, jusqu'à l'âge de 38 ans pour pouvoir me retourner contre mon bourreau", expliquera durant l'enregistrement Flavie Flament à l'animateur. "Je ne peux pas le faire aujourd'hui parce que je suis non seulement victime, mais je pourrais être en plus accusée de diffamation." C'est alors que l'homme en noir propose de le faire à sa place, dans une séquence "bipée" au montage... 

Retrouvé mort un sac plastique sur la tête

Il n'en faut pas plus pour que le nom du photographe s'étale sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels. Après avoir nié ces accusations, et annoncé son intention de porter plainte pour diffamation, David Hamilton sera retrouvé mort, un sac en plastique sur sa tête, dans son appartement du boulevard Montparnasse, le 25 novembre 2016. D'après les enquêteurs, il se serait donné la mort par asphyxie. Il avait 83 ans.


Avant ce scandale, la carrière de David Hamilton a surtout été marquée par une oeuvre prolifique au succès mondial. Né à Londres en 1933, il travaille après la guerre pour un bureau d’architecte, puis déménage à Paris après s’être fait repérer par l’artiste Peter Knapp qui le fait entrer au magazine Elle. C’est à la fin des années 1960, après diverses expériences en tant que directeur artistique pour des magazines ou encore pour les grands magasins du Printemps, que sa carrière artistique décolle.

Un style onirique mais emprunt de scandale

Il entame à 33 ans son activité de photographe professionnel. Son sujet de prédilection est tout trouvé : les (très) jeunes femmes. Dès lors, il capture toujours dans un style très onirique et aérien des adolescentes empruntant des poses lascives et très souvent dénudées. Le photographe déclarait sans gêne, en mai 2015 au quotidien Le Temps, “les femmes, ce n’est pas mon rayon. Je préfère les jeunes filles, 16 ans maximum”. 


Autre caractéristique de ses clichés, un flou artistique presque permanent dessinant un univers "cotonneux", semblant provenir d'une époque ancienne. Si son travail a séduit, il également provoqué certaines controverses. Beaucoup décrivent son esthétique comme une forme de pornographie infantile. Le photographe y répondait, jugeant toujours au Temps, que "de toute façon, tout est tabouisé. La nudité n’est plus acceptée".


Son style très remarqué va néanmoins lui permettre de travailler pour différents magazines internationaux. Durant sa carrière, il publiera une quinzaine d’ouvrages de photographies, réalisera cinq films et exposera ses clichés dans le monde entier. 

A l'annonce de sa mort, Flavie Flament exprimera sa colère dans les colonnes de Paris Match. "S'il avait eu des remords ou des regrets, il aurait demandé pardon", dira la journaliste, pour qui le suicide du photographe est une forme d'aveu, alors que plusieurs victimes avaient exprimé leur intention de porter plainte contre lui. "En se donnant la mort, il est venu saccager une nouvelle fois les espoirs de ces gamines", ajoutera celle qui, par la suite, se verra confier une mission sur le délai de prescription des viols sur mineurs.

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