Rio Mavuba, capitaine au grand cœur, se bouge pour les enfants de Kinshasa

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BELLE ÂME - Réfugié en France et apatride jusqu’à l’âge de 20 ans, le footballeur Rio Mavuba a mobilisé des dizaines de personnalités pour les orphelins de Kinshasa. "Une nuit à Makala" organisée lundi dernier au Zénith de Lille a réuni 4500 personnes. L’occasion pour Aïda Touihri de rencontrer le joueur du LOSC.

Ils s’appellent Bonheur, Exaucée, Béni ou Sagesse. La plus jeune a 9 ans, le plus âgé 19. Le le dernier est arrivé il y a seulement quelques jours à l’orphelinat de Makala, à Kinshasa. Ils auraient pu devenir des Shegué, ces enfants du Congo jetés à la rue par la misère ou le désespoir. Rien que dans la capitale congolaise, ils seraient entre 10 et 15000 à errer entre mendicité et criminalité.

Il est né dans un bateau, sur l'Océan Atlantique

Rio Mavuba, lui, n’avait que 11 ans lorsqu’il a découvert l’ampleur du phénomène. Sa famille a fui le Congo juste avant sa naissance. Lui-même est né apatride, dans un bateau de migrants, quelque part sur l’Océan Atlantique. Du pays d’origine de son père, il ne connaissait que le football ou presque. Mille fois, Ricky Mavuba lui avait raconté l’épopée des glorieux Léopards du Zaïre dont il était une des légendes. Depuis toujours, il rêvait que son fils, un jour, marche sur ses pas.

Repéré dès l’âge de 8 ans par les Girondins de Bordeaux, Rio poursuivait ce rêve. Son premier entraîneur raconte l’avoir recruté sans même le voir jouer. Sa passion, sa joie du jeu suffit à son talent. Ricky Mavuba n’en prendra pas toute la mesure. Il disparaît brutalement en 1997. Alors qu’il entre tout juste dans l’adolescence, Rio devient orphelin, 10 ans après avoir perdu sa mère. "Je me demande toujours ce qu’aurait pensé mon père en me voyant aujourd’hui", confie l’international français.

En 2010, la découverte du village de ses ancêtres

Qu’aurait-il dit alors en le voyant retourner au pays de ses ancêtres, en 2010 ? "J’ai voulu aller dans la maison où avait vécu ma famille, à Makala, poursuit l’actuel capitaine du LOSC. C’est un de ces faubourgs de Kinshasa qui concentre bidonvilles et prison. Il y a eu beaucoup d’émotions pendant le voyage. Je me suis dit que j’avais beaucoup de chance de ne pas avoir été un de ces enfants des rues. Et j’ai décidé d’ouvrir un orphelinat. Pour moi, c’était aussi une manière de rendre hommage à mon père."

Rio mobilise tous ses amis, ses coéquipiers, son réseau. Il organise d’abord un tournoi de foot auquel participent de nombreuses personnalités, dont son ami M.Pokora. C’est lui qui soufflera l’idée d’un grand concert caritatif. Quelques mois plus tard, une première "Nuit à Makala" était lancée au Zénith de Lille. Succès immédiat.

"Après les Enfoirés, c’est un des projets qui fédèrent le plus d’artistes, se réjouit Rio Mavuba. On voulait vraiment réunir des univers très différents pour mobiliser le maximum de monde." A commencer par le label Wati-B, de Black M au Shin Sekai en passant par le youtubeur Tonio Life. La révélation afrotrap MHD, Willy William, Soprano ou encore Gradur, le régional de l’étape, ont déchaîné les spectateurs sous une pluie de ballons multicolores. 

Une partie de la troupe de "Danse avec Les Stars" a assuré le show côté danse tandis que les anciennes Miss France Flora Coquerel et Camille Cerf ajoutaient au glamour de la soirée. Autre champion du cru, le pilote Adrien Van Beveren, premier Français du dernier Dakar a livré a fait rugir sa moto au beau milieu de la scène. Mais la meilleure, la plus bruyante, et la plus longue ovation a été sans contexte pour les joueurs du LOSC, réunis en bloc derrière leur capitaine, très ému.

"Toutes les personnalités viennent gracieusement, souligne Rio Mavuba. C’est une vraie fierté de voir tout ce monde qui nous soutient. Une place à 30 euros, c’est un enfant scolarisé pour un trimestre." Lundi soir au zénith de Lille, ils étaient 4500 personnes à avoir répondu présents. Les orphelins de Makala ont trouvé une nouvelle famille.

>> Pour en savoir plus sur l 'association de Rio Mavuba, c'est par ici !  

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