Le rappeur MHD reste derrière les barreaux, son avocate "dans l’incompréhension"

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JUSTICE - La justice a ordonné jeudi le maintien en détention provisoire du rappeur français MHD, mis en examen pour homicide volontaire dans l’enquête sur l’agression mortelle d’un jeune homme en juillet dernier à Paris.

MHD reste derrière les barreaux. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris a ordonné jeudi le placement en détention provisoire du rappeur français, de son vrai nom Mohamed Sylla, confirmant la décision d’un juge d’instruction le 17 janvier dernier. L’artiste âgé de 24 ans avait été mis en examen pour homicide volontaire dans l’enquête sur l’agression mortelle d’un jeune de 23 ans, dans la nuit du 6 juillet 2018 à Paris.


"Je suis dans l'incompréhension de cette décision", a réagi auprès de l'AFP Elise Arfi, l'une des avocates du rappeur. "Nous soutenons que M. Sylla n'a pas pris part au fait et restons mobilisés pour solliciter sa remise en liberté", a-t-elle ajouté, précisant qu'elle attendait les motivations de la cour pour faire de plus amples commentaires.

Il nie toujours sa présence sur les lieux du drame

D’après une source proche de l’enquête, la victime aurait succombé à un passage à tabac lors d’un règlement de comptes entre bandes des Xe et XIXe arrondissements impliquant une quinzaine de personnes. Ce jour-là, la voiture du rappeur, lui-même originaire du XIXe arrondissement, aurait été aperçue sur les lieux. 


Dès la mise en examen de son client, Me Arfi avait fait savoir dans un communiqué que celui-ci contestait "toute implication dans cette rixe, sa présence sur le lieu des faits n’étant pas avérée". Elle précisait que le rappeur s'était rapproché de la justice dès juillet 2018 afin d’expliquer les circonstances dans lesquelles son véhicule avait pu être utilisé dans le cadre de cette affaire.

Né d’un père guinéen et d’une mère sénégalaise, MHD a grandi en Vendée avant de s’installer à Paris en 2003. Titulaire d’un BEP restauration, il travaille comme livreur de pizza lorsqu’il est repéré sur les réseaux à l’été 2015. Pionnier de "l’afrotrap", mélange de hip-hop et de sonorités africaines, il a vendu plus de 400.000 exemplaires de son premier album éponyme, paru en 2016. 


Sorti le 19 septembre dernier, son deuxième opus, "19", s’est déjà vendu à plus de 50.000 exemplaires. Au moment de son arrestation, le jeune homme s’apprêtait à partir en tournée mondiale. Si ses premières dates en Europe ont été reportées, son maintien en détention pourrait compromettre la suite de ses concerts, avec notamment un passage à l’AccorHotels Arena, le 29 mars prochain.

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