Six mois de prison requis contre Alain Soral pour avoir harcelé l’ex-mannequin Binti Bangoura

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JUSTICE – Le parquet a requis jeudi six mois de prison contre Alain Soral. L’essayiste d’extrême droite est poursuivi par l’ancienne mannequin Binti Bangoura, qui l’accuse de harcèlement moral.

Va-t-il passer par la case prison ? Six mois de prison ferme ont été requis jeudi par le le parquet contre Alain Soral. L'essayiste d'extrême droite est poursuivi pour harcèlement moral par une ancienne mannequin qui avait refusé ses avances. 

Les faits remontent à mars 2014. Binti Bangoura, qui a notamment posé en couverture du Monde 2, est alors engagée pour la défense de Dieudonné dont le spectacle vient d’être interdit. "Je le trouvais très chaleureux, comme un tonton. Et de voir quelqu’un, rejeté par tout le monde, qui se battait pour défendre les noirs, ça m’a touchée", confie à l'époque la jeune femme à Street Press

C’est dans le cadre de cet engagement qu’elle commence à échanger des messages avec Alain Soral. Elle raconte à Street Press : "Au début, il était vraiment charmant" même si "on se disputait parfois à cause de ce qu’il publiait sur Egalité et Réconciliation. Je n’aimais pas qu’il tienne des propos racistes sur Taubira". Les échanges finissent par prendre une tournure plus intime et Binti Bangoura envoie à l’idéologue des photos d'elle dénudée. 

Selon la jeune femme, tout dérape quand elle apprend qu’Alain Soral a déjà une femme dans sa vie. Elle lui explique alors qu’ils n’iront pas plus loin et qu’il sera son premier "ami proche hétéro" alors que ces "amis hommes en général sont gays", une comparaison que n'aurait pas supporté le fondateur d'Egalité et réconciliation.

"Ton destin c'est d'être une pute à juifs"

Dès lors, Alain Soral aurait multiplié les messages malveillants, a expliqué la jeune femme, lui envoyant des SMS tels que "les blancs prennent les blacks pour des putes, ce qu'elles sont le plus souvent" ou "ton destin c'est d'être une pute à juifs". Des échanges injurieux qui la conduisent à porter plainte en novembre 2014.  Selon elle, l’entourage de l’essayiste aurait ensuite voulu la "faire taire" en menaçant de publier ses photos intimes. "Sur Internet, c'était un tsunami", a-t-elle expliqué devant le tribunal, "tout le monde venait m'insulter sans me connaître". 

La jeune femme sombre en dépression, est hospitalisée. Elle a été la cible d'une "campagne de persécution, de harcèlement visant à la détruire psychologiquement et médiatiquement" notamment sur le site internet d'Alain Soral, a plaidé l'avocat de la plaignante, Me Philippe-Henri Honegger. 

L’avocat du prévenu, absent à l'audience, a de son côté argué qu’il "est strictement impossible de le condamner", car "les seuls éléments de preuve" produits dans ce dossier sont "des impressions d'écrans et rien d'autre". Aucun élément ne prouve que c'est bien son numéro de portable ou l'adresse mail qu'il utilise dont il est question dans cette affaire. Le jugement est attendu pour le 29 novembre.

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