Un an après avoir été accusé d’exhibitionnisme, l’humoriste Louis C.K. est remonté sur scène

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COME-BACK – En novembre 2017, l’humoriste américain Louis C.K. reconnaissait avoir abusé de sa notoriété pour s’exhiber devant plusieurs femmes qui l’avaient accusé dans la presse, dans le sillage de l’affaire Weinstein. Moins d’un an plus tard, il a fait ce lundi un retour (presque) discret sur scène, dans un club de New York.

"Le pouvoir que j'avais sur ces femmes, c'est qu'elles m'admiraient. Et je l'ai manié de façon irresponsable". Dans une lettre ouverte publiée dans le "Washington Post", le 10 novembre 2017, l’humoriste américain Louis C.K. reconnaissait publiquement les faits que lui reprochaient cinq femmes, 24 heures plus tôt dans un article du New York Times


Exhibitionnisme, appels téléphoniques salaces, propositions indécentes… Ces femmes, pour la plupart rencontrées dans le cadre professionnel, avaient témoigné de comportements "inappropriés" que le principal intéressé n’avait pas niés. Au contraire. "Ces histoires sont vraies", écrira-t-il dans son mea culpa


"A l'époque, je me disais que ce que je faisais n'était pas répréhensible parce que je n'avais jamais montré ma bite à une femme sans lui avoir demandé en premier, ce qui était vrai. Mais j'ai appris plus tard, trop tard, que quand vous avez du pouvoir sur une autre personne, lui demander de regarder votre bite n'est pas une question. C'est une injonction."

Ces révélations, dans la foulée de l’affaire Weinstein, vont avoir un effet concret pour la carrière du comique. Ses spectacles sont annulés, la chaîne FXC met un terme à "Louie", sa série à succès, tandis que Netflix rejette son projet d’émission spéciale. Enfin, la sortie de son film "I Love You, Daddy" est annulée une semaine avant sa sortie aux Etats-Unis par son distributeur, la société The Orchard.


Dans cette comédie écrite et réalisée par Louis C.K lui-même, ce dernier incarne un auteur de télé à succès dont la fille de 17 ans, interprétée par Chloé Moretz, s’entiche d’un vieux cinéaste interprété par John Malkovich. En France, le distributeur ARP prendra lui aussi la décision de ne pas sortir le film.

Couronné par six Emmy Awards et un Grammy Award, classé 4e top dans le top 50 des meilleurs humoristes de l’histoire des Etats-Unis par le magazine Rolling Stone, quelques mois avant le scandale, Louis C.K. allait-il tout perdre ? Ou se voir offrir une seconde chance après son mot d’excuses ? 


A la fin du mois d’août, la presse américaine révélait qu’il était remonté sur scène, au célèbre Comedy Cellar, le club new-yorkais, qui accueille la crème des humoristes du moment. Des apparitions épisodiques – et jamais médiatisées à l’avance - au cours desquelles il a semblé roder un nouveau spectacle, en partie inspiré par ses récents déboires.


Ce lundi, pour la première fois, son nom s’affichait sur la liste des talents programmés par le Comedy Cellar. Si de nombreux fans de Louis C.K. ont répondu présents, ils étaient attendus à l’entrée par une poignée de manifestantes, rapporte le New York Times.

Je pense que même de l’enfer on peut survivre. L’enfer, ce n’est pas si terrible. J’y suis allé !Louis C.K.

"Lorsque vous soutenez Louis C.K., vous dites aux femmes que vos rires sont plus importants que leurs agressions sexuelles et que la perte de leur carrière", pouvait-on lire sur une pancarte tenue par Jennifer Boudinot, 37 ans. "Toutes les humoristes qu’il a blessées méritent de se produire 100 fois sur la scène du Comedy Cellar avant qu’il n'y soit autorisé", dit-elle au journaliste du quotidien américain.


Sur scène, le principal intéressé n’a pas semblé perturbé par l’hostilité à l’extérieur de la salle. Au contraire. "Je dois faire des blagues parce que j’ai besoin d’argent", a lancé Louis C.K., 51 ans, aux spectateurs présents dans la salle, leur expliquant avoir perdu "35 millions de dollars en une heure", suite à la publication de sa lettre dans le Washington Post.


"Les moments difficiles, on n'y survit ou pas. Je pense que même de l’enfer on peut survivre. L’enfer, ce n’est pas si terrible. J’y suis allé !", a-t-il confié, dans la droite ligne de ses aveux un an plus tôt. Une franchise suffisante pour le relancer pour de bon ?

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