VIDÉO - Dans "Sept à Huit", Flavie Flament raconte le viol dont elle a été victime à l'âge de 13 ans

DirectLCI
MÉMOIRE - Dans le cadre de la promotion de son livre, "La consolation", Flavie Flament raconte à Thierry Demaizières, les circonstances du viol dont elle a été victime dans son enfance. Un souvenir qu'elle a enfoui au plus profond de sa mémoire pour le voir resurgir vingt ans après.

"La consolation". C'est le titre du livre de Flavie Flament, à paraître chez JC Lattès. Un livre écrit pour raconter son histoire et se consoler de l'épisode traumatisant qu'elle a subi lorsqu'elle avait 13 ans. Dans "Sept à Huit", la journaliste et animatrice raconte les circonstances dramatiques de son viol par un photographe célèbre, pendant ses vacances au Cap d'Agde, avec ses parents. 


Un épisode traumatisant dont elle n'a jamais parlé, de peur d'être incomprise et qu'elle a gardé secret et profondément enfoui durant une vingtaine d'années. Jusqu'à ce jour où elle a pû mettre des mots sur sa détresse et enfin être entendue par des professionnels. 

Face à Thierry Demaizières, l'animatrice de RTL raconte comment, après une longue période de dépression, elle a vu réapparaître de très douloureux souvenirs d'enfance, en voyant une photo d'elle, dans un album de famille. Un polaroïd synonyme d'une souffrance terrible. "J’avais des flashs d’images précises, que j’étais incapable de relier à quoique ce soit (…) Une terreur qui ne me quittait pas le ventre. A bout de course, je suis allée voir un psychiatre qui m’a parlé de la mémoire traumatique", raconte -t-elle. 


Un jour, une photo tombe d’un album de famille et tout lui revient. "Quand cette photo est tombée à la faveur d'un rendez vous chez le médecin, je l’ai ramassée. C’était comme un message que m’envoyait Poupette, la petite fille que j’étais. Je me suis vue, j’ai pris la photo et j’ai compris. J’ai murmuré j’ai été violée à cet âge-là, à l’âge de 13 ans", détaille la journaliste. 

Son violeur est un photographe connu qui prenait des clichés de petites filles au Cap d'Agde. Alors qu'elle est attablée, en famille, à la terrasse d'un café, l'homme repère la jeune Flavie et propose "de faire des essais qui ont été concluants" : "Je devenue l’un de ses modèles". Elle raconte alors la joie de sa mère pour cette opportunité qu'on lui offre, "quelque chose de dingue pour une famille en province d'avoir son enfant repéré par quelqu'un qui bénéficie d'une telle aura. C'était extraordinaire". 


Âgée de 13 ans, la petite Flavie sent pourtant que quelque chose "n'est pas normal", dès les premières séances. Lors des premières rendez-vous, l’homme accueille la petite fille en ouvrant la porte, "nu, l’appareil photo en bandoulière posé sur le ventre, à priori, on est pas dans quelque chose de tout à fait normal (...) Il a des rituels, il m’emmène sur la plage regarder le sexe des femmes. Au fur et à mesure, il va dénuder la gamine que je suis", se souvient l'animatrice. Puis le prédateur sexuel passe à l'acte. 

Elle raconte : "je suis une petite fille de 13 ans, face à un homme qui en a plus de cinquante. Il m’ordonne de m’allonger sur un balcon, il s’adonne à des choses dont on sait que c’est grave… Et en fait, dans mon esprit, je pars. Je me dissocie de moi-même. Je m’abandonne. J’abandonne mon corps qui sera piétiné… Je vis l’instant sans être là". Brisée, elle n'en parle pourtant pas à ses parents, "de peur de ne pas être entendue". "Il y a des parents qui n’ont pas l’instinct de protection de leurs enfants. Dans mon esprit, j’étais comme un petit déchet (…) Je ne méritais pas qu’on aille voir le photographe pour me venger", analyse-t-elle.  


De longues années de dépression plus tard, Flavie Flament s'est reconstruite et son livre est celui d'une petite fille dont la souffrance est passée inaperçue. "Je n'aurais jamais écrit ce livre, si on m'avait entendue". Elle explique notamment que "ce livre est une facon de me réconcilier avec cette petite fille, de me consoler". 

Si l'animatrice n'a pas porté plainte, c'est qu'après de longues années passées à décrypter son mal-être, mettre des mots sur son viol et enfin se décider à vouloir qu'on lui rende justice, "il était trop tard". "C’est ce que l’on m’a répondu. C’est là que j’ai appris ce qu’était la prescription : un couperet terrible (…) S’il n’y avait pas la prescription, j’aurais porté plainte, bien sûr". 

Pourquoi ne pas dévoiler l'identité de cette homme ? Pour la même raison, explique-t-elle au JDD. "Aujourd'hui,  cet homme est juridiquement hors d’atteinte. Cela n’en fait pas un innocent pour autant. Le bourreau est inattaquable, moi je vivrai avec ça jusqu’à la fin de mes jours. Et je ne suis pas la seule dans ce cas."

Selon la législation française, un mineur victime de viol peut porter plainte jusqu’à l’âge de 38 ans, soit 20 ans après sa majorité. Dans le cas de Flavie Flament, ses souvenirs ont surgi entre ses 35 et ses 38 ans. A quelques mois près, justice lui aurait été rendue. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Sept à huit

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter