VIDÉO - Marine Lorphelin : "On a besoin de la jeune génération pour faire face aux pandémies"

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INTERVIEW - Interne en première ligne dans un hôpital parisien au printemps face au coronavirus, Miss France 2013 publie un guide fourmillant de conseils pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans les études de médecine. On lui a passé un coup de Zoom.

Elle a rangé son stéthoscope au placard pour prendre la plume. De manière temporaire uniquement. Marine Lorphelin s’adresse à ceux qui, comme elle, souhaitent travailler dans le domaine médical dans un livre qu’elle publie aux éditions Eyrolles, Tout savoir sur les études de médecine

"C’est un guide qui retrace tout le parcours de A à Z, du moment où on se pose la question en tant qu’étudiant sur nos motivations, sur l’envie de partir dans ce cursus jusqu’à la thèse. On détaille tout ce qui se passe, aussi bien dans nos têtes que toutes les expériences qu’on va vivre. On donne aussi des conseils aux étudiants pour qu’ils réussissent ces études au mieux", nous explique Miss France 2013 lors d’une interview en visio, confinement oblige. (voir notre vidéo ci-dessus)

Elle dit "on" car si l’idée vient d’elle, cet ouvrage est le fruit d’une collaboration avec Aviscene, lui aussi interne et YouTubeur, et le médecin-journaliste Nicolas Evrard. "On a commencé ce livre il y a quasiment un an et demi donc bien avant le Covid. C’est vrai qu’il sort à point nommé parce qu’on entend beaucoup parler de la médecine, du rôle de médecin. J’espère qu’il pourra répondre aux interrogations et aider la nouvelle génération qui peut-être a un peu peur aujourd’hui  de se lancer dans ce métier avec tout ce qu’on entend, notamment les difficultés de l’hôpital public", avance-t-elle. Le contexte sanitaire actuel, elle préfère le voir comme une force. Marine Lorphelin martèle que "vivre avec des pandémies, c'est aussi très formateur pour l’avenir et pour notre métier. Il ne faut pas forcément le voir comme quelque chose de négatif et prendre peur, se dire que c’est trop difficile et qu’on n’y arrivera pas alors qu’on a vraiment la motivation".

Il y avait toujours un petit stress le matin en arrivant. On se demandait toujours comment allaient nos patients et s’ils étaient toujours en vie- Marine Lorphelin sur son stage à l'hôpital lors de la première vague du Covid-19

La jeune femme de 27 ans parle par expérience personnelle. Au printemps, elle s'est retrouvée en première ligne face à des patients atteints du Covid-19, alors qu'elle était en stage dans un hôpital parisien. "Ça m’a beaucoup appris en termes de relationnel et de gestion des moments difficiles en tant que médecin", reconnaît-elle. "Il y avait toujours un petit stress le matin en arrivant. On se demandait toujours comment allaient nos patients et s’ils étaient toujours en vie. Parce malheureusement, l’aggravation de l'état de santé de certains se faisait de manière extrêmement rapide et inattendue. Ça pouvait être des journées à rebondissements, beaucoup plus qu’habituellement", se souvient-elle. Elle évoque "les mauvaises nouvelles à annoncer parfois au téléphone" et "les rencontres avec les familles" qu'elle essayait d'organiser pendant "cette période très anxiogène". "Il fallait s’adapter chaque jour avec toutes les équipes soignantes", poursuit-elle, louant "la solidarité entre médecins, aides-soignants et infirmiers"

Ses semaines passées au plus près de la pandémie lui ont aussi permis de réévaluer sa future carrière médicale. Celle qui se rêvait médecin généraliste envisage désormais de conserver coûte que coûte des "liens solides" avec le milieu hospitalier. "Je me suis rendue compte que c’était indispensable de continuer à lire des articles scientifiques et de suivre tout ce qui bouge autour de la médecine. Pour ça, je pense que j’aimerais garder un pied à l’hôpital encore plusieurs années, avant de vraiment m’installer en ville. J’ai beaucoup de choses à apprendre encore à l’hôpital. D’être entourée de beaucoup de spécialistes et de médecins expérimentés permet aussi de se forger un socle plus solide", assure-t-elle. Si la crise sanitaire actuelle "a mis en lumière les difficultés du système et celles du métier", elle a surtout rappelé que le corps médical était "indispensable".

Sa première prescription aux futurs étudiants en médecine ? Avoir une motivation d'acier et "se lancer à fond tout de suite"

Sa première prescription pour les futurs étudiants en médecine ? Marine Lorphelin en a deux. Avoir une motivation d'acier et "se lancer à fond tout de suite". "Il ne faut pas trop attendre en se disant 'ça va, j’ai le temps. J’ai un an pour passer le concours de la première année'. En fait, ça passe assez vite donc il faut beaucoup travailler dès le début", insiste-t-elle. Après avoir bouclé un stage en pédiatrie mi-octobre, l'ancienne reine de beauté "a décidé de prendre des disponibilités". "Pendant six mois, je vais me consacrer à ma thèse car j’ai quand même une thèse à fournir à la fin. J’ai dû mal à le faire en étant à 100% en stage à l’hôpital. Je vais aussi faire des remplacements en médecine générale. Il me restera deux semestres à faire pour valider mon internat, en gynécologie et en cabinet de médecine générale", nous indique-t-elle. 

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Quand on lui demande si elle aurait pu, comme Miss Angleterre, renoncer à son titre de Miss France l'année de son règne pour retourner travailler à l'hôpital, Marine Lorphelin se montre surprise. Car au front pendant le premier confinement, l'information lui avait échappé. Puis elle affirme qu'elle n'aurait "pas mis sa couronne de côté et l'expérience qu'elle a pu vivre grâce à Miss France". "Ça m’a beaucoup fait évoluer. Quand je me suis présentée à Miss Monde par exemple, je prévoyais de reprendre mes études de médecine. J’y suis allée avec l’objectif de faire le meilleur classement possible mais je ne voulais pas gagner. Parce que je voulais vraiment reprendre mes études et que je n’étais pas prête à les mettre de côté encore une fois pendant un an. Avec le recul,  je me dis que ça aurait pu être une très belle expérience aussi. Mais je peux comprendre qu’on ait envie de reprendre ses études", note-t-elle en parlant de sa compatriote anglaise. Avant d'éclater de rire quand on lui rappelle que le titre de Miss Monde n'est pas passé bien loin. "Carrément !", sourit celle qui était repartie du concours avec l'écharpe de première dauphine, derrière la Philippine Megan Young.

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