VIDÉO - Mickey, 90 ans d'histoire animée

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BON ANNIVERSAIRE – Il est le personnage de dessin animé sans doute le plus connu au monde. Ce dimanche 18 novembre, Mickey fête ses 90 ans. Derrière son air enfantin et ses grandes oreilles, se cachent neuf décennies d'innovations technologiques sur grand et petit écran. Une souris devenue un mammouth du divertissement.

Icône indémodable qui a fait le bonheur de décennies d’enfants, Mickey souffle officiellement ses 90 bougies ce 18 novembre, après une année de festivités dans l’art, l’éducation, la musique ou encore le design.


Qu’il est loin le temps où Walt Disney, alors jeune producteur de 24 ans, fit l’ébauche, dans un train le ramenant de New York à Los Angeles, d’une souris qui allait bouleverser son existence. Créateur du lapin Oswald, dont il venait de perdre les droits, l’Américain devait se trouver un nouveau personnage. Il opte pour le petit rongeur qu'il baptisera Mortimer, avant de le nommer finalement Mickey sur les conseils de sa femme qui trouvait ça moins guindé. 


"Mickey est une trouvaille graphiquement géniale", explique Sébastien Durand, spécialiste de l'histoire de Mickey. "C’est à la fois simple et immédiatement reconnaissable comme la pomme d’Apple ou le rouge et blanc de Coca-Cola. C’est un grand cercle et deux petits de chaque côté, le tour d’une pièce de 25 cents et de deux pièces de 10 cents pour les oreilles. Il fallait que ce soit rapide à faire".

Mickey symbole d'innovation

Car si Walt Disney est l'inventeur de Mickey, son comparse Ub Iwerks est son premier dessinateur attitré. Les premiers pas de Mickey n’enthousiasment guère. Deux essais et autant de coups d’épée dans l’eau plus tard, le troisième court-métrage d'animation sera le bon : Steamboat Willie, le plus connu de tous avec son personnage en commandant de bateau, est un succès; Il n'était que la première partie du film La Guerre des Gangs. Le temps a oublié ce dernier, mais pas Mickey qui fait immédiatement chavirer les foules. Disney a une très bonne intuition : ajouter une bande sonore synchronisée à son film alors que le cinéma parlant fait ses grands débuts.


Ce 18 novembre 1928 marque ainsi, dans l'histoire du cinéma, la date du tout premier cartoon sonore à l'écran. Disney prêtera d’ailleurs sa voix à sa souris durant 20 ans. "Il a toujours eu le sens de l’innovation," souligne Sébastien Durand. "En 1932, il signe un contrat d’exclusivité avec Technicolor et il y aura des dessins animés en couleurs avant les films." En 1930, Mickey devient un héros de BD -sous les traits de crayon d'un autre dessinateur- et, deux ans plus tard, la consécration arrive pour son créateur récompensé d’un Oscar d’honneur pour la création de son personnage.

De 1928 à 1953, Mickey marque les générations par son inventivité technologique inédite pour l’époque. Au total, 118 cartoons narreront les multiples aventures de la souris, dont La Fanfare déjà en couleur (1935). Mickey se fait sa bande d’amis dont Donald qui apparaît dès les années 1930, ou encore son rival Mortimer. Après Blanche-Neige (1936), Fantasia (1940) fait entrer Walt Disney dans la cour des plus grands maîtres d’Hollywood et il y offre à Mickey le rôle de l'Apprenti Sorcier qui marquera les esprits des petits et des grands.

Britney Spears lui doit beaucoup

"Le succès de Mickey, c’est aussi parce que Walt Disney a inventé la grammaire de l’animation sans y penser", fait remarquer Sébastien Durand. "Mickey a eu des gants pour qu’on puisse voir ses mains noirs sur son corps noir. Il avait des gros doigts. Mais cinq, c’était trop compliqué à animer alors il lui en a ôté un. Tous les Toons auront par la suite des gants et quatre doigts seulement." Répondre de manière pratique à un problème pratique : cela va devenir un manifeste artistique pour l'Américain qui n’était "pas un intellectuel et ne théorisait pas ses idées". "C’était un instinctif. Il avait un véritable sens de ce qui plaisait au public," résume Sébastien Durand.


Éjecté des cinémas d’après-guerre qui délaissent le cartoon d’introduction, Mickey va trouver une seconde jeunesse sur le petit écran : le Mickey Mouse Club voit le jour en 1955 aux Etats-Unis et un autre public, renouvelé sans cesse, découvre les péripéties de l’intrépide souris et ses amis jusqu’en 1996. Avec quelques animateurs stars outre-Atlantique qui lui doivent un bon coup de pouce à leur carrière (Britney Spears, Justin Timberlake, Ryan Gosling, Christina Aguilera...). La France, où Mickey connaît l'une de ses plus grandes popularités à travers le monde, n'a paradoxalement pas réservé le même accueil au Mickey Mouse Club intronisé en 1983 sous le nom de Salut les Mickey et disparu la décennie suivante.

Crédit photo : Walt Disney Co./Everett Collection

L’idole toujours jeune

Mickey traverse les décennies sans prendre une ride, avec son air enfantin et optimiste. Il est polymorphe, capable d'être aussi bien inspecteur ou archéologue, héros de conte adapté, chevalier ou sorcier. "Disney disait toujours ne pas faire des films destinés aux enfants, mais pour l'enfant en chacun de nous", fait remarquer Sébastien Durand. "On se souvient tous des dessins animés Mickey qu'on a vus, des BD qu'on a lues ou du personnage vu dans le parc. On a tous un Mickey en nous et, en grandissant, c'est la part d'enfance que l'on garde."


"Tout a commencé par une souris", se plaisait à répéter Walt Disney. 90 ans plus tard, la souris s’est muée en mammouth du divertissement : star de cinéma et de télévision, ambassadeur vedette des multiples parcs à thèmes Disney à travers le monde, idole d’un public de tous âges, égérie de mode et poids lourds marketing. Il a même son portraitiste attitré ! Mickey reste indémodable et toujours "bankable". Selon Les Echos, la souris aurait rapporté près de neuf milliards de dollars à Disney en 2016 grâce notamment à ses multiples produits sous licence, ses magazines et livres. Une valeur sûre pour le groupe de divertissement qui peut compter sur la notoriété de sa star : les moins de cinq ans en font leur personnage préféré, 95 % des adultes de plus de 18 ans la connaissent et 83% des Français de tous âges et toutes catégories socio-professionnelles admettent l’aimer, selon une étude CSA Research pour Disney. Un succès qui n'est pas près de se démentir.

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