"On ira tous au paradis" : le parolier, scénariste et académicien Jean-Loup Dabadie est mort

Jean-Loup Dabadie : un homme de paroles
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DISPARITION - Il avait écrit des chansons pour les plus grands interprètes. Mais il était aussi un génial scénariste, un homme de théâtre, de télévision et, depuis 2008, un "immortel" au sein de l'Académie française. Jean-Loup Dabadie est mort ce dimanche à l'âge de 81 ans.

Il avait exercé ses nombreux talents dans des domaines aussi variés que la littérature, le journalisme, le cinéma et la chanson. L'artiste et académicien Jean-Loup Dabadie est décédé ce dimanche à Paris à l'âge de 81 ans, a annoncé à l'AFP son agent Bertrand de Labbey. "Il est mort à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, d'une maladie autre que le Covid-19", a-t-il précisé.

"Jean-Loup Dabadie est décédé aujourd'hui à 13H. C'était un artiste complet, il avait réussi dans tous les arts : le sketch avec Guy Bedos (pour lequel il avait écrit de nombreux textes, ndlr); la chanson avec Polnareff ("Lettre à France") et Julien Clerc ("Femmes je vous aime"); et également le cinéma en tant que scénariste et adaptateur", a-t-il également rappelé.

"Inclassable et populaire"

Depuis l'annonce de son décès, les réactions de sympathie et d'hommages se multiplient, à l'image de son collègue académicien Jean-Marie Rouart : "C'était un homme qui, dans la vie, était très doué, avec ce charme, ce sourire permanent un peu ironique", a-t-il témoigné sur FranceInfo. 

L'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob parle lui sur Twitter "d'un grand scénariste, d'un ami exquis, et d'un tennisman acharné". "Tant de talent à dire les émotions vraies...", a salué de son côté Pierre Lescure, l'actuel président du Festival, soulignant lui aussi son rôle très spécial dans le Septième Art.

"La France perd un auteur aux mille talents, inclassable et populaire. Les mots de Jean-Loup Dabadie exprimaient avec évidence et justesse nos sentiments jusqu'à accompagner chaque moment de nos vies", a tweeté le ministre de la Culture Franck Riester. Tandis que son prédécesseur, Jack Lang, voit en cet "écrivain, parolier, journaliste, scénariste, dialoguiste" un 

"alchimiste des mots qui dansent", "transformant les paroles en mélodies".

La maire de Paris Anne Hidalgo, l'actrice Michèle Bernier, ou encore l'écrivain Philippe Labro ont également témoigné leur tristesse.

Auteur des plus grands succès de la chanson

Journaliste, romancier, auteur de sketches, Jean-Loup Dabadie avait amorcé, pendant les années soixante, une carrière de scénariste, et avait collaboré, au fil des années, avec les réalisateurs Claude Sautet (Les choses de la vie, César et Rosalie, Une histoire simple), Yves Robert (Clérambard, Salut l’artiste, Un éléphant ça trompe énormément, Nous irons tous au paradis), Claude Pinoteau (Le Silencieux, La Gifle, La Septième Cible), et François Truffaut (Une belle fille comme moi, 1972).

La carrière de cet homme de lettres a également été marquée par le théâtre. Il a signé plusieurs pièces dont La Famille écarlate (1967), Le Vison voyageur (1969), Madame Marguerite (1974) et Double mixte (1986), mais c'est sans nul doute dans la chanson que ses mots vont être à l'origine des plus grands succès de ces cinquante dernières années. 

Régine, Barbara, Juliette Gréco, Dalida, Marie Laforêt, Jacques Dutronc, ou encore Nicole Croisille, comptèrent parmi ses nombreux interprètes. Sans oublier Michel Polnareff pour lequel il compose plusieurs titres : Dans la maison vide (1970), Holidays (1972), On ira tous au paradis (1972), Lettre à France (1977), Jour après jour, Nos mots d’amour. Ou encore Julien Clerc pour qui il écrit en 1978, Ma préférence, qui deviendra un classique du répertoire de l'interprète. 

Jean-Loup Dabadie était entré à l'Académie française le 10 avril 2008, au fauteuil de Pierre Moinot.

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