SEPT A HUIT - Franck Dubosc : "Je connais le chômage par cœur"

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INTERVIEW - Invité de Thierry Demaizière dimanche soir dans "Sept à Huit", Franck Dubosc a présenté son dernier film, "Les têtes de l'emploi", en salles le 16 novembre et dans lequel il joue un conseiller de Pôle emploi. L'occasion d'évoquer ses origines modestes, et en particulier son père.

Franck Dubosc est l'une des personnalités les plus populaires du cinéma français. Lui qui se plaît à incarner les séducteurs, un peu "beauf", un peu lourd, notamment dans sa saga Camping. Et qui aime représenter à l'écran le "Français moyen", comme dans son dernier film Les têtes de l'emploi. Si le comédien apprécie tant à incarner ce genre de personnages, c'est parce que lui même est issu d'une famille modeste, une famille moyenne. Et pendant longtemps il en a souffert. D'ailleurs, c'est sa volonté de sortir de cette classe sociale qui l'a poussé en quelque sorte à devenir célèbre. 


"En fait, vouloir être reconnu, cela a été mon premier moteur", a-t-il ainsi confié dans l'émission 7 à 8, sur TF1, dimanche 30 octobre. "Cette envie de lever la main et de dire 'je suis là, j'existe, est-ce qu'on peut me regarder pendant deux secondes ?'" Enfant, Franck Dubosc souffre d'être transparent, d'être celui que l'on ne calcule pas, celui qu'on "calcule mal". Et de raconter que lors des parties de baby-foot, il était toujours la cinquième roue du carosse, celui qui comptait les points, mal, et qui ne jouait pas. 

"Je voulais être comme les gens que je voyais à la télé"

Et cette invisibilité, qu'il lie à sa condition sociale, il se dit, enfant, qu'un jour, il s'en débarassera. "Cela me faisait vivre... Je ne savais pas comment, mais je me disais qu'un jour je serai applaudi", raconte-t-il à Thierry Demaizière. "Je voulais être comme les gens que je voyais à la télé, je me disais qu'un jour je ferai du ski, j'aurai une belle voiture..." C'est notamment pour cela que pendant longtemps il a eu  honte de ses origines sociales.


Mais aujourd'hui, il a honte d'avoir eu honte. "Je vois mes enfants, j'en ai deux, et je suis sûr qu'à un moment donné, ils auront honte ou ils seront gênés d'être mes enfants. Peut-être même de leur condition sociale aussi parce que différente, voire à  l'opposé [de la mienne]', poursuit-il.  Franck Dubosc sait qu'aujourd'hui il fait partie de cette classe aisée, cette classe de "bourgeois" qu'il n'aime pas parce qu'il est "sacrément beauf de temps en temps", et parce qu'il aime bien "être beauf", et qu'il se considère comme "un Français moyen d'origine". 

"Je ne vis pas le chômage, je le vois de ma tour d'ivoire"

Dans Les Têtes de l'emploi, Franck Dubosc incarne un conseiller Pôle Emploi qui radie les chômeurs à tour de bras. Mais lui, le comédien qui "a les moyens" comme il dit, que sait-il vraiment du chômage ? "Je connais le chômage par coeur", affirme-t-il. La réponse lui vient instinctivement. 


La raison : vers 50 ans, son père a perdu son emploi, une situation qui a duré dix ans. Et Franck Dubosc s'en souvient, très clairement. Les matins qui débutaient très tôt, "parce que [son] père ne supportait pas de dormir une petite demi-heure de plus", les journées qui finissaient tard "pour aller en chercher du travail". Une période compliquée pour toute la famille. "J'ai vécu les dix ans de chômage de mon père pire que si je les avais vécues moi-même", révèle l'acteur. Et s'il avoue avoir eu honte de ses origines, il affirme en revanche avoir toujours été très fier du comportement de son père pendant cette période sans activité. Et encore aujourd'hui, il dit voir ses proches de temps à autres souffrir des difficultés d'appartenir à une classe sociale modeste. "Tout ça je ne le vis pas. Je le vois de ma tour d'ivoire".

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