"Une rafale de coups" : le témoignage poignant de Thierry Beccaro sur son passé d'enfant battu

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CONFESSIONS - Dans une interview accordée à "Brut", Thierry Beccaro raconte son enfance auprès d’un père violent. Une expérience qui a poussé le futur ex-animateur de "Motus" à s’engager auprès de l’Unicef.

Son humour a longtemps dissimulé ses blessures. Aux commandes depuis 1990 de "Motus", le jeu culte de France 2, Thierry Beccaro, 62 ans, s’apprête à en quitter la présentation à la fin de la saison. Une décision prise il y a un an déjà, en accord avec la direction de France Télévisions, afin d’écrire une nouvelle page de sa carrière. 

Et de consacrer notamment à son nouveau rôle d’ambassadeur d’Unicef France, après avoir livré sa propre expérience de la maltraitance dans un livre intitulé "Je suis né à 17 ans" (Editions Plon), paru en février 2018.

C’est ça la maltraitance, elle est autant physique que psychologique- Thierry Beccaro

Son vécu, il l’aborde de nouveau dans une vidéo poignante publiée par le média en ligne "Brut", mardi 7 mai. "Mon père va tomber dans l’alcool. Et à partir de là, la vie bascule", raconte-t-il, les larmes aux yeux. "La mienne. Celle de ma mère aussi, puisque évidemment, mon père a un alcool triste et agressif. Et à partir de là, quand il rentre le soir, un soir sur deux, un soir sur trois, la moindre petite faute est prétexte à une rafale de coups qui s’abattent sur moi sans que j’en comprenne la raison."

"Ce n’est pas la fessée, là. On n’est pas dans une fessée", précise Thierry Beccaro. "La fessée est insupportable. La raclée, on est encore dans un domaine supérieur. C’est à dire que là vous êtes recroquevillé dans l’escalier, votre dos, il est marbré. Et votre petite sœur, elle, assiste à ça. C’est ça, la maltraitance, elle est autant physique que psychologique. Ce qui était terrible après ces moments douloureux, c’est que j’allais me coucher. Et après mon père venait me voir et il me disait qu’il m’aimait."

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Lorsqu’on lui demande pourquoi il est resté si longtemps silencieux, l’animateur a toujours la même réponse, glaçante : "Parce qu’un enfant, ça aime ses parents. Un enfant, ça protège ses parents. Même s’il est battu", constate-t-il. "Parce qu’un enfant, sa construction, c’est de se dire que peut-être il a fait une bêtise. Et que quelque part, il l’a mérité. Donc il n’a pas les moyens et les mots (…) La seule preuve qu’il pourra témoigner de la violence qu’il subit, c’est d’avoir des marques, des coups."

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