12 millions d'hectares de forêts disparus en 2018

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PLANÈTE - 12 millions d'hectares de forêts tropicales ont disparu en 2018, selon un rapport de l'ONG World Resources Institute. Cette perte, la quatrième plus importante depuis 2001, équivaut à la superficie de la Grèce.

En 2018, la planète a encore perdu de ses forêts, 12 millions d'hectares précisément. C'est au tour de l'ONG World Resources Institute de tirer la sonnette d'alarme au sujet de la déforestation, avec un  rapport publié ce jeudi 25 avril. En surface, cette disparition massive de surface boisée représente la taille de la Grèce, faisant d'elle la quatrième plus importante depuis 2001.  2016 reste l'année record, avec une destruction de 16,9 millions d'hectares de forêts.

Les scientifiques sont formels, la déforestation s'accélère de manière spectaculaire depuis dix ans et concerne de plus en plus de pays. Les trois Etats les plus touchés, en surface perdue, par le phénomène en 2018 sont successivement le Brésil (1 347 132 hectare), la République Démocratique du Congo (481 248 hectares) et l'Indonésie (339 888 hectares). Si  le Brésil a vu la destruction de ses forêts ralentir par rapport à 2016 et 2017, il connait toujours cependant des niveaux historiques et largement au-dessus des autres pays.

Les forêts primaires, vitales à l'écosystème

Autre nouvelle inquiétante de ce rapport, la disparition de 3,64 millions d'hectares de forêts tropicales primaires (n'ayant pas subi d'intervention humaine NDLR), cruciales pour l'écosystème selon les experts, puisqu'elles abritent des arbres âgés de centaines, voire de milliers d'années et de nombreuses espèces animales. 

Si le rapport ne fait pas de distinction entre les causes naturelles et humaines de déforestation, celles-ci sont multiples et variées : agriculture à grande échelle (pâturage) ou à petite échelle (production illégale de coca), exploitation de chemins forestiers, ouverture de mines, etc.

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Et les espèces sont tout aussi en danger que les forêts. En effet, cette nouvelle expertise coïncide avec un projet de rapport finalisé par l'ONU, étant le fruit de trois années de travail. Là encore, le constat est sans appel : la Terre est au début de la sixième "extinction de masse", avec 500 000 à 1 million d'espèces animales amenées à disparaître d'ici les prochaines décennies.  La perte grandissante de la biodiversité s'explique, dit le rapport, par le fait que les trois quarts des surfaces terrestres, la moitié des cours d'eau et 40 % de l'environnent marin sont aujourd'hui "gravement altérés". 

Si cette extinction de masse intervient réellement, elle serait la première que l'on imputerait à l'Homme. Le texte doit être remis lundi prochain à Paris, aux délégués de 130 pays qui vont l'étudier durant une semaine.

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