2018 déjà parmi les années les plus chaudes de l'histoire : la santé des personnes vulnérables de plus en plus menacée

Planète
DirectLCI
CLIMAT - Un rapport publié dans la revue médicale The Lancet alerte sur les effets du réchauffement climatique sur la santé publique. Une augmentation des maladies et des décès liés à la chaleur est d'ores et déjà recensée, alors que l'année 2018 devrait figurer selon l'ONU au 4e rang des plus chaudes jamais enregistrées.

"Compte à rebours sur la santé et le changement climatique." Tel est le nom d'un rapport publié par un collège d'experts scientifiques dans la prestigieuse revue The Lancet, mercredi 28 novembre. L'idée : à quelques jours de l'ouverture, en Pologne, de la COP 24, établir un état des lieux des effets déjà observables sur le monde humain du réchauffement climatique. 


Et ils sont nombreux, ces effets. Coups de chaud, maladies cardiovasculaires ou rénales... Les problèmes de santé liés à la chaleur augmentent d'ores et déjà dans le monde. Ils concernent surtout les personnes âgées, les urbains et les patients déjà affaiblis par une maladie vivant en Europe. Car sur notre continent, beaucoup de personnes âgées vivent dans les villes et sont ainsi plus exposés au stress thermique. "En 2017, plus de 157 millions de personnes vulnérables âgées de plus de 65 ans ont été exposées dans le monde à des vagues de chaleur, soit 18 millions de plus qu'en 2016", souligne le document.

Autre effet majeur : le retour de maladies, notamment aux Etats-Unis (En Floride et au Texas), dû à la prolifération de moustiques porteurs du virus Zika, de la fièvre jaune ou encore de la dengue. 

2018, quatrième année la plus chaude jamais enregistrée ?

Si le réchauffement climatique menace la santé mondiale, les conséquences sur le plan économique se font elles aussi déjà sentir. Principale raison : la hausse des températures joue sur la productivité des travailleurs et sur la qualité des produits,  notamment dans le secteur de l'agriculture. 


Ainsi, le rapport indique : "En 2017, 153 milliards d'heures de travail ont été perdues à cause de l'exposition à la chaleur, soit 62 milliards de plus qu'en 2000", particulièrement "en Inde, en Asie du Sud-Est, en Afrique subsaharienne et en Amérique du Sud." Quelque 80% des heures de travail perdues l'ont été dans le secteur de l'agriculture (122 milliards), 17,5% dans le secteur de l'industrie (27 milliards) et 2,5% dans le secteur des services (4 milliards).


Les cultures céréalières diminuent déjà dans 30 pays, selon l'étude. Par ailleurs, des niveaux élevés de dioxyde de carbone réduiront à l'avenir les nutriments comme les protéines, le fer et le zinc, dans les aliments et notamment les céréales et les poissons. 

La température risque d'augmenter de 3 à 5 °C d'ici à la fin du sièclePetteri Taalas, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM)

Un rapport de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) publié ce jeudi 29 novembre corrobore quant à lui ces observations : il prévient que l'année 2018 est en bonne voie pour figurer au 4e rang des plus chaudes jamais enregistrées. 

Selon une première version de sa Déclaration sur l'état du climat mondial en 2018, l'agence des Nations unies constate que pour les dix premiers mois de l'année, la température moyenne à la surface du globe était supérieure de quasiment 1°C aux valeurs de l'époque préindustrielle (1850-1900). 

En vidéo

Réchauffement climatique : les solutions envisagées par les scientifiques

"Les concentrations de gaz à effet de serre ont, encore une fois, atteint des niveaux records et si la tendance se poursuit, la température risque d'augmenter de 3 à 5 °C d'ici à la fin du siècle. Si nous exploitons la totalité des ressources connues en combustibles fossiles, la hausse de la température sera nettement plus importante", souligne le secrétaire général de l'OMM. Une situation d'extrême urgence à quelques jours de la COP 24 qui se tiendra cette année à Katowice, en Pologne. 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter