Air France va investir plusieurs millions pour compenser les émissions de CO2 sur les vols intérieurs

Planète

POLLUTION – Des investissements destinés à la sauvegarde de l’environnement, la fin du plastique à usage unique à bord des avions, mais aussi le recyclage des déchets : Air France a décidé de renforcer sa politique écologique, à l’heure où prendre l’avion, surtout pour des vols intérieurs, est de plus en plus mal vu.

Financer des projets de plantations d’arbres ou de sauvegarde de la biodiversité : voilà le plan d’Air France pour compenser les émissions de CO2 sur les vols intérieurs. L’annonce a été faite par la directrice générale de la compagnie, Anne Rigail, dans une interview au Parisien, publiée lundi soir sur le site internet du quotidien. "A partir du 1er janvier 2020, nous allons compenser 100% des émissions de CO2 de nos vols domestiques. Cela représente 500 vols par jour", déclare-t-elle, ajoutant qu’Air France "le fait volontairement sans y être contraint". 

A l’heure actuelle, la première compagnie aérienne française tente déjà de limiter ses émissions de CO2 via diverses actions comme l’éco-pilotage, à savoir la gestion des mouvements d’avion au sol par des engins électriques. Mais elle souhaite "aller plus loin", d’où un investissement de "plusieurs millions d’euros". Celui-ci sera destiné donc à planter des arbres, financer des projets de protection de forêts ou encore de transition énergétique. Anne Rigail précise aussi qu’Air France prévoit de supprimer tous les plastiques à usage unique à bord à partir de janvier, et de "commencer à trier et recycler les déchets" dès ce mois d'octobre.

Au moins de juin, les vols intérieurs s’étaient retrouvés au cœur d’une polémique, quand plusieurs députés dont Delphine Batho ou François Ruffin ont proposé l’interdiction des vols domestiques de courte distance. Une centaine de parlementaires avaient répondu par une tribune appelant à ne pas jeter "l’anathème" sur l’avion. Finalement, aucune interdiction n’a été adoptée, mais la ministre de la transition écologique et solidaire et des transports, Elisabeth Borne, a annoncé la mise en place d’une écotaxe sur les trajets aériens au départ de la France. Celle-ci, à partir de 2020, ira de 1,50 à 18 euros sur les billets d’avion. 

Lire aussi

Interrogée là-dessus par Le Parisien, la dirigeante d’Air France dénonce un "non-sens" : 

Nous ne sommes pas contre l'écotaxe, mais contre son utilisation. Elle serait vertueuse si elle permettait de financer la recherche sur les avions ou de créer une filière sur les biocarburants.- Anne Rigail

Or, cette taxe "va financer le transport routier, qui représente 15 % des émissions de CO2 au niveau mondial contre 2 % à 3 % pour l'aérien, et le ferroviaire qui sont déjà largement subventionnés."

Les prix des billets n'augmenteront pas malgré l'écotaxe

Déjà dans un communiqué en juillet, Air France avait "déploré fortement" l’annonce du gouvernement, car l’écotaxe "pénaliserait fortement [sa] compétitivité" : elle "représenterait un surcoût de plus de 60 millions d'euros par an pour le groupe", dont "50% de l'activité est réalisée au départ de l'Hexagone". Bonne nouvelle pour les passagers, Anne Rigail indique à nos confrères que le prix des billets n’augmentera pas pour autant avec l’écotaxe, car les clients "n’accepteraient pas de payer plus" : "Le client regarde le prix final. Il ne se dit pas je vais faire un acte citoyen en payant cette taxe", juge-t-elle. 

Voir aussi

Interrogée également sur le flygskam, mot suédois qui désigne la "honte de prendre l'avion parce qu'il pollue", la directrice générale souligne qu'Air France n’a "pas assez de recul" pour savoir si des baisses de fréquentation ont eu lieu à cause de ce mouvement, qui se répand à partir de la Suède. "Pour autant, nos clients nous parlent, dit-elle. Il faut construire une industrie aérienne dont on soit fier et qui n'aille pas à l'encontre de la planète."

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter