Amendes fermes et avec sursis pour des décrocheurs de portraits d'Emmanuel Macron

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SANCTION - Six militants d'ANV-COP21 étaient poursuivis pour "vol en réunion et par ruse", après avoir décroché un portrait du président dans la mairie de Jassans-Riottier (Ain). L'un a écopé d'une amende ferme de 250 euros, et les cinq autres de 500 euros avec sursis.

Ils sont prof de maths, cadre SNCF, consultante pour des ONG, retraité du cadastre, maraîcher bio ou futur restaurateur. Le 2 mars dernier, deux d'entre eux se sont fait passer pour un couple et demandé à visiter la mairie de Jassans-Riottier (Ain) pour un mariage. Une fois la salle du conseil ouverte par la secrétaire, ils ont investi les lieux à 13 pour "réquisitionner" la portrait d'Emmanuel Macron qui y était accroché. Six d'entre-eux ont été condamnés, mercredi, à des peines d'amende ferme ou avec sursis par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

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Le premier procès des "décrocheurs"

Membres de l'organisation "Action non-violente-COP21" (ANV-COP21), ces six militants étaient poursuivis pour "vol en réunion et par ruse". L'un d'entre-eux a écopé d'une peine d'amende ferme de 250 euros. Les cinq autres ont été condamnés à 500 euros d'amende avec sursis et ont par ailleurs bénéficié d'une relaxe pour avoir refusé un prélèvement d'ADN lors de l'enquête. A l'audience, le 28 mai, 1.000 à 2.000 euros d'amende avaient été requis à l'encontre de ces décrocheurs, deux femmes et quatre hommes âgés de 36 à 63 ans, qui avaient plaidé la "nécessité" d'agir pour le climat en réponse aux accusations de vol.

Il s'agissait du premier procès des "décrocheurs", ces militants écologistes qui, depuis début 2019, subtilisent les portraits présidentiels pour "dénoncer l'absence de décisions courageuses et nécessaires du gouvernement face au péril climatique et à l'urgence sociale". ANV-COP21 revendique à ce jour 61 portraits présidentiels décrochés. Au total, ce sont 36 militants qui seront jugés dans 10 procès : les prochains auront lieu le 26 juin à Strasbourg, le 27 juin à Bonneville, le 2 septembre à Lyon, le 11 septembre à Paris, le 13 septembre à Orléans, le 09 octobre à Mulhouse, le 4 novembre à Grenoble, le 17 décembre à Saint-Étienne et le 12 février 2020 à Lyon.

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En marge de ce premier procès, des affiches avaient été placardées dans les rues de Bourg-en-Bresse par le collectif pour annoncer un "procès de l'inaction climatique" du gouvernement. Après le procès, ANV-COP21 a affirmé "regretter ces condamnations, disproportionnées au regard de l'urgence climatique et des 8,70 euros que coûte cette affiche présidentielle". Le jour même de l'audience, 13 autres décrochages ont eu lieu en Gironde, au Pays Basque, à Paris, ou dans les Pyrénées-Orientales, "en soutien" aux prévenus, selon ANV Cop21, qui s'est fixé comme objectif d'atteindre le chiffre de 125 portraits décrochés, soit le nombre de jours qu'il a fallu à la France en 2019 pour dépasser son empreinte écologique.

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