Mont-Blanc : l'accès au sommet strictement encadré cet été pour éviter la surfréquentation

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ALPINISME - Pour éviter la surfréquentation et mieux réguler le flux d'alpinistes sur le site du Mont-Blanc, un arrêté préfectoral très strict vient d'être pris. Si vous comptez grimper sur le toit de l'Europe, vous allez devoir réserver obligatoirement un refuge. Explications.

Oyez, oyez, alpinistes adeptes des grimpettes extrêmes et avides de sensations fortes ! A partir de demain, samedi 1er juin, toute personne qui souhaite gravir le Mont-Blanc par la voie normale et en plusieurs jours devront obligatoirement s'acquitter d'une réservation dans un des refuges présents sur le parcours. 


L'accès au plus haut sommet d'Europe sera encadré de façon très stric, afin d'éviter "des phénomènes de surfréquentation des refuges, des problèmes de sécurité des pratiquants, et ponctuellement des incivilités et des atteintes à l’ordre public", indique la préfecture de Haute-Savoie. Il faut dire que chaque année, l'ascension du Mont-Blanc attire, selon les autorités, près de 25.000 alpinistes. À noter que l'arrêté ne concerne pas "les personnes se présentant dans un état de détresse".

Puisque cette ascension par la voie normale "implique, pour une grande majorité d'ascensionnistes, au moins une nuit de repos sur l'itinéraire", le préfet Pierre Lambert a décidé d'encadrer très strictement les conditions d'hébergement. Concrètement, cela signifie que chaque alpinistes souhaitant gravir le Mont-Blanc devra avoir réservé dans l'un des refuges suivants : la Tête-Rousse, l'aiguille du Goûter, le dôme du Goûter et l'arête des Bosses. Et cela, du 1er juin 2019 au 29 septembre prochain.


Ces réservations ont été uniformisées et les alpinistes seront désormais mieux tracés. Tout candidat à l'ascension se verra notamment remettre un "récépissé nominatif" non modifiable par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Ce dernier devra être présenté lors de toute opération de contrôle menée par les gardiens des refuges, les gendarmes du Peloton de gendarmerie de haute-montagne (PGHM) ou les agents communaux de la commune de Saint-Gervais, d'où s'étire la voie "normale". En outre, le préfet remarque que la "surfréquentation des hébergements" entraîne en particulier des risques de sécurité et des "risques sanitaires".

De lourdes sanctions

Pour la préfecture, mieux encadrer ces pratiques devrait permettre de "faciliter le travail de contrôle de qualification des guides mené par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) pour détecter les guides non qualifiés pour encadrer". Des opérations "courtes mais intensives" de contrôle sur le terrain seront organisées conjointement par la DDCS et le PGHM "afin de prendre sur le fait les contrevenants", précise-t-elle.


Sur le site de Tête Rousse, qui intègre le dispositif de réservation et dont le camp de base sera placé "sous gestion", le nombre de campeurs autorisés se limitera désormais à quarante, contre cinquante auparavant. Autre nouveauté : les alpinistes trouveront sur ce même site des tentes collectives de capacité médianes "pré-installées en permanence". Une décision stricte et peut-être contraignante pour certains mais qui, pour le préfet, résulte du fait que les actions de communication et de prévention se sont avérées "inopérantes" allant même jusqu'à des menaces physiques contre un gardien de refuge. 

Si toutefois, vous souhaitiez partir à l'aventure et faire cavalier seul dans cette ascension, sachez que camper en site classé est passible de deux ans de prison et 300.000 euros d'amende, et que "toute personne faisant acte de rébellion" contre les personnes chargées de mettre en œuvre cet arrêté encourt deux ans de prison et 30.000 euros d'amende, voire trois ans et 45.000 euros s'il s'agit d'un groupe. 

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