Australie : la moitié des coraux de la Grande Barrière ont péri en 25 ans

Les coraux morts de la Grande Barrière de Corail, en Australie
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TRISTE CONSTAT - La Grande Barrière souffre du réchauffement climatique, qui fait grimper la température de l'eau. Une étude démontre que la moitié des coraux du célèbre récif australien a dépéri.

La moitié des coraux de la Grande Barrière, en Australie, ont péri ces 25 dernières années. C'est ce qui ressort d'une étude publiée ce mercredi 13 octobre dans le journal scientifique Proceedings of the Royal Society. Ses auteurs alertent sur l'ampleur du déclin de tous les types de coraux depuis le milieu des années 1990 sur le site du nord-est de l'Australie, inscrit en 1981 au patrimoine mondial de l'Unesco. Ils martèlent que le réchauffement climatique est en train de bouleverser de façon irréversible cet écosystème sous-marin.

Cinq épisodes de blanchissement des coraux

"La vitalité d'une population de coraux se caractérise par la présence de millions de coraux de toute taille, y compris les plus gros qui produisent l'essentiel des larves", explique un des co-auteurs de l'étude, Andy Dietzel, de la James Cook University. Malheureusement, les plus grandes espèces de corail, en forme de table ou aux nombreuses ramifications colorées, ont été les plus affectées, au point pour certaines de disparaître de la partie la plus septentrionale de la Grande Barrière. "Elles ont à 80 ou 90% disparu par rapport à il y a 25 ans", continue Terry Hughes, lui aussi professeur à l'Université James Cook. "Ils offraient les coins et les recoins dans lesquels nombre de poissons et de créatures se réfugient. Perdre ces énormes coraux tri-dimensionnels modifiera tout l'écosystème", précisent les scientifiques à l'AFP.

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La destruction de la Grande Barrière est majoritairement causée par la récurrence des épisodes de blanchissement des coraux, un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l'eau qui entraîne l'expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur et ses nutriments. Il est donc la conséquence des bouleversements climatiques. Les récifs peuvent s'en remettre si l'eau refroidit, mais ils peuvent aussi mourir si le phénomène persiste.

Les deux premiers épisodes de blanchissement des coraux de la Grande Barrière avaient été recensés en 1998 et 2002. Puis le nord de cet écosystème a subi en 2016 et 2017 deux autres épisodes sans précédent, obligeant l'Australie a revoir l'an dernier les perspectives de cet ensemble, les considérant désormais comme "très mauvaises". Un cinquième a été observé en 2020, mais les dégâts n'ont pas été encore totalement évalués. La Barrière est par ailleurs menacée par les ruissellements agricoles, par le développement économique et par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux. 

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Une perte pour l'écosystème... et pour l'Australie

En raison de sa dégradation, la Grande Barrière pourrait perdre son statut au Patrimoine mondial de l'Unesco. Une perspective dramatique pour l'Australie : outre sa valeur inestimable d'un point de vue naturel ou scientifique, on estime que l'ensemble corallien qui s'étend sur 2.300 kilomètres de long génère quatre milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique australien.

Or le professeur Hughes dit s'attendre à ce que les coraux continuent de mourir, tant que les pays du monde entier ne respecteront pas les engagements pris lors de l'Accord de Paris de 2015 pour contenir la hausse des températures mondiales sous les 2 degrés par rapport à leurs niveaux pré-industriels. "Les espèces qui grandissent le plus vite mettent une décennie pour se rétablir à moitié", précise-t-il. "Or les chances qu'on ait des décennies entre les sixième, septième et huitième épisodes de blanchissement sont proches de zéro car les températures continuent de grimper."

Si les températures se stabilisent au cours du siècle sous les objectifs fixés par l'Accord de Paris, il se peut que les récifs se rétablissent partiellement. "Nous ne pensons pas qu'ils se rétabliront dans la diversité que nous avons connue, historiquement", relativise toutefois le scientifique. Si la hausse est de trois ou quatre degrés, alors il faudra "oublier", poursuit-il.

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