Baisser la vitesse du transport maritime pour réduire la pollution : d’où vient cet engagement d’Emmanuel Macron au G7 ?

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G7 : sommet mondial à Biarritz

POLLUTION - En amont du G7 qui se tient à Biarritz, Emmanuel Macron s'est exprimé devant les Français ce samedi. Parmi les dossiers évoqués, celui de la protection de l'environnement pour laquelle le président de la République compte "agir", notamment en réduisant la vitesse des navires commerçants. On vous explique d'où vient cette idée.

"Nous devons répondre à l’appel de l’océan." Devant le littoral basque, Emmanuel Macron a indiqué qu’il voulait "agir" de façon "concrète" contre la pollution, notamment celle du fret maritime, en réduisant la vitesse des navires. Le président de la République a même indiqué que la France allait "s’engager" dans ce sens "avec des transporteurs". D'où vient cette idée ? Et est-ce vraiment la "première fois" que le gouvernement la propose ? 

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Une solution "à court terme"

Ce secteur ne contribue qu’à 3% des émissions de carbone au niveau mondial alors qu’il assure 90% des échanges commerciaux mondiaux. Il est donc "le mode de transport ayant, proportionnellement, le plus faible impact sur l’environnement", comme l’écrit l’Organisation maritime internationale (OMI). Sauf que ces chiffres explosent dans certaines villes portuaires, comme à  Marseille. Selon Atmosud, l’organisme régional de surveillance de l’air, ce trafic serait ainsi responsable de 38% des émissions de dioxyde d'azote et de 15% des particules fines. 

C’est pourquoi en avril 2018, les 170 pays membres de l’OMI se sont tous fixés un objectif de réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050. Mais aucune obligation juridiquement contraignante n’a été mise en place. Alors, le Conseil international du transport écologique (ICCT) a proposé une liste d'initiatives à court, moyen et long-terme pour aider à l'atteindre. Parmi celles-ci, l’ONG conseillait une diminution des vitesses dès 2018. 

Un projet porté par le ministère de l'Ecologie en avril dernier

Une proposition entendue par le gouvernement français. Car un an après, la France a déposé un projet allant en ce sens auprès de l’OMI. Dans un communiqué de presse du Ministère de la Transition écologique et solidaire, on défend cette idée à grands coups de chiffres : si un pétrolier réduit, par exemple, sa vitesse de 12 nœuds à 11 nœuds, il baisse sa consommation de 18 %.  Cette proposition présentée comme peu coûteuse et facilement contrôlable est soutenue par Armateurs de France, l’organisation regroupant l’ensemble des entreprises françaises de transport et de services maritimes. Son président Jean-Marc Roué écrivant à l’époque que c’était une "solution efficace pour relever le défi environnemental".

Cette idée tombe à l’eau en mai dernier, à Londres, lors des négociations du 74e comité de la protection du milieu marin de l’OMI où les mesures de court terme ont suscité "la réserve de certains pays". Les 170 pays de l'Organisation ont-ils , en trois mois, changé d'avis ? La déclaration d'Emmanuel Macron ce samedi pourrait le laisser entendre mais les clauses de cet accord éventuel - et sa portée - n'ont pas encore été divulguées.  

Reste que l'enjeu de la pollution maritime ne peut se limiter à la seule réduction de vitesse des bateaux. 

Dans une très récente tribune des Echos,  l’explorateur suisse  Bertrand Piccard avance ainsi deux autres mesures complémentaires. Pour ce pilote de Solar Impulse (l’avion fonctionnant à l’énergie solaire), il est en effet impératif de la conjuguer avec d’autres avancées comme celles d’obliger le raccordement électrique des bateaux lorsqu’ils sont à quai et interdire le "combustible de soute" dans les "plus brefs délais". Utilisé par la majorité des navires, il est de très "basse qualité" et "chargé de gaz nocifs et de particules fines". Invité au G7 de Biarritz, peut-être aura-t-il l’occasion d’en discuter avec le Président. 

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