Biodiversité, CO2, empreinte carbone... l’état de l’environnement français dans le rouge, selon un rapport officiel

Planète

CLIMAT- Le "rapport sur l’environnement en France" du ministère de la Transition écologique et solidaire dresse un bilan "contrasté" jeudi 24 octobre. Si des améliorations sont notables sur certains domaines, l’état de l’environnement reste préoccupant.

Emission de CO2 toujours trop élevées, érosion "préoccupante" des espèces, contribution à la déforestation mondiale… L’état de l’environnement en France ne se porte pas au mieux, malgré une réglementation qui a des effets positifs. C’est, en substance, le bilan du dernier "rapport sur l’environnement en France" publié jeudi 24 octobre. 

Tous les quatre ans depuis 25 ans, le ministère de la Transition écologique publie une évaluation de l’état de l’environnement selon de nombreux critères. Pour la première fois, les experts se sont penchés sur les "limites planétaires", nécessaires à des conditions de vies sûres pour l’humanité. Il s’agit de neuf variables qui régulent la stabilité de la planète et qu’il ne faut pas dépasser. Appliquées à la France, le constat est sans appel : la majorité des neuf seuils est dans le rouge. 

Une "empreinte carbone" trop élevée

Si "les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 18%" dans l’Hexagone entre 1990 et 2017, elles sont encore bien trop élevées. Ce chiffre, bien qu'"inférieur à la moyenne européenne", est insuffisant pour respecter les objectifs de l'accord de Paris qui engage ses signataires à prendre des mesures pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C. 

Une empreinte carbone très élevée qui s’inscrit dans le contexte de l'engagement proclamé de la France contre le réchauffement de la planète, dont les impacts sont visibles. Canicules, sécheresses, inondations ou feux de forêt sont de plus en en plus fréquents, alors que l’année 2018 a été la plus chaude jamais enregistrée.

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La "situation préoccupante" de la biodiversité

Sur les quelques 10 000 espèces évaluées dans le rapport, 18% sont éteintes ou menacées d’extinction. Une situation "préoccupante" pour les experts, qui concerne les écosystèmes terrestres, aquatiques et marins français. 

Ainsi, malgré l’extension des mécanismes de protection des espaces naturels et des espèces, seuls 20% des habitats identifiés par l’UE comme nécessitant une protection sont dans un état de conservation "satisfaisant". Résultat : les populations d’insectes et d’oiseaux chutent et la qualité des sols s’appauvrit. Une situation liée notamment à l'artificialisation des sols, à la perte des habitats et aux pratiques agricoles, et ce alors que le gouvernement s'est approprié la complainte des exploitants agricoles sur "l'agribashing", un ensemble d'actes malveillants ou de critiques à leur encontre, liés à leur utilisation de pesticides.

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48 000 décès prématurés par an liés aux particules fines

Si les rejets de la plupart des polluants de l’air extérieur ont diminué depuis le début des années 2000, la situation est loin d’être idéale. Ces derniers causeraient 48 000 décès prématurés par an, indique le rapport qui reconnaît un progrès encore nécessaire. 

Quant à la qualité de l’eau, le bilan souligne une amélioration partielle pour les rivières et les plans d’eau. Mais exprime son inquiétude au sujet des eaux souterraines, où sont encore rejetés nitrates, pesticides ou médicaments. Le ministère recense, début 2018, 6 800 sites et sols "pollués ou potentiellement pollués", principalement par des hydrocarbures. 

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Une "empreinte écologique" qui dépasse les frontières de la France

Le rapport prend aussi en compte les importations de matières premières, agricoles ou forestières, encourageant la déforestation à l’étranger, qui représentait en 2016 14,8 millions d’hectares, "soit plus d’un quart de la superficie de la métropole et la moitié de la surface agricole française", selon le rapport. Là encore, le constat est cruel, alors que les achats de soja par l'Hexagone ont été pointés du doigt au plus fort des incendies qui touchaient l'Amazone. Une crise dans laquelle la France et Emmanuel Macron s'étaient particulièrement investis.

La consommation des technologies pèse également dans la balance de la préservation de l’environnement. En effet, le ministère met en avant cette réalité méconnue et explique par exemple le cycle de vie des téléphones portables. "Un téléphone portable pesant 120 grammes va nécessiter 70 kg de matières mobilisant plus de 70 matériaux différents", illustre le ministère. 

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