Blocage du siège d'Amazon : les militants écologistes évacués, les journalistes tenus à l'écart

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ENVIRONNEMENT - Pour protester contre l'ouverture de 3 nouveaux entrepôts du géant du commerce, des organisations écologistes ont organisé mardi l'occupation du siège français d'Amazon à Clichy (Hauts-de-Seine) et de deux de ses entrepôts à Lille et Toulouse. Ils ont été évacués en fin de journée par les gendarmes, qui ont empêché physiquement les journalistes présents d'assister à la fin de l'opération.

Une nouvelle action de désobéissance civile a visé ce mardi trois sites français d'Amazon. Les organisations écologistes ANV-COP21 et les Amis de la Terre, ainsi que plusieurs Gilets jaunes, ont bloqué le siège français du géant du commerce, à Clichy (Hauts-de-Seine), ainsi que deux de ses entrepôts, à Lille et Toulouse.

Les militants dénoncent notamment l'implantation de trois nouveaux entrepôts d'Amazon, à Bretigny-sur-Orge (Essonne), Lyon (Rhône) et Augny (Moselle). Plus largement, les activistes pointent la "responsabilité" d'Amazon dans le réchauffement climatique, estimant que son modèle économique basé sur la livraison rapide entraîne une surproduction et une surconsommation.

Alors qu'Amazon indiquait ce mardi matin la création de 1800 emplois en France, dont 500 dans le nouvel entrepôt de Bretigny-sur-Orge, les écologistes avancent que "la vente en ligne détruit au moins deux fois plus d'emplois qu'elle n'en crée". Ils critiquent enfin les conditions de travail des employés d'Amazon ainsi que les pratiques d'optimisation fiscale du groupe. Contacté par LCI mardi, Amazon a réagi à cette action et répondu aux critiques formulées par les écologistes. Le groupe affirme notamment qu'il "paie l’ensemble des impôts requis en France" et qu'il a "l’objectif ambitieux (...) de réaliser 50% de l’ensemble de [ses] livraisons à zéro carbone d’ici à 2030".

Occupation et évacuation dans le calme

A Clichy, plusieurs dizaines de militants ont pénétré l'enceinte du siège d'Amazon dès 8h du matin, bloquant dans le calme toutes les entrées du site. Empêchés d'entrer, plusieurs dizaines de salariés d'Amazon ont été invités à rentrer chez eux. Après 8h de blocage, vers 16h30, les gendarmes mobiles ont commencé à évacuer les activistes regroupés à l'intérieur du bâtiment, dont certains enchaînés les uns aux autres. Cette évacuation, selon plusieurs témoignages récoltés par LCI, s'est effectuée dans le calme et sans violence.

Les journalistes conduits de force au métro puis empêchés de circuler dans la rue par les gendarmes

Alors que la majeure partie des militants étaient réunis en dehors du bâtiment, dans l'attente d'être évacués à l'extérieur du siège d'Amazon, les gendarmes mobiles ont conduit de force les journalistes présents jusqu'à la station de métro la plus proche, dans laquelle ces derniers ont refusé de rentrer. Les gendarmes mobiles, qui ont ensuite rebroussé chemin vers le siège, ont finalement bloqué le passage aux journalistes en pleine rue à environ 200 mètres du siège. Alors que les passants non-journalistes étaient libres d'avancer, les sept journalistes présents - qui souhaitaient retourner aux abords du siège pour couvrir la fin de l'évacuation - ont été empêchés de circuler sur le trottoir par les gendarmes mobiles, et certains violemment repoussés.

Sur une vidéo en direct du journaliste de Brut Remy Buisine, dont une partie a été reprise sur Twitter par le journaliste David Dufresne, une passante est filmée en train de passer sans contrôle le barrage formé par les gendarmes mobiles, tandis que les journalistes sont bloqués. Ces gendarmes ne laisseront les journalistes passer qu'une fois l'évacuation des militants écologistes terminée.

Contactée par l'un des journalistes présents sur place, la préfecture de police de Paris n'a pas expliqué la raison pour laquelle seuls les journalistes ont été bloqués dans l'espace public entre 19h et 20h. 

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