Canada : face aux inondations, Montréal et Ottawa décrètent l’état d’urgence

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INTEMPÉRIES - Plus de 3.000 résidences inondées, plus de 1.000 personnes évacuées, et un millier de militaires mobilisés : le Québec est touché par d’importantes inondations, et de nouvelles pluies sont attendues dans le week-end. Ottawa et Montréal ont décrété l’état d’urgence.

La situation ne s’arrange pas au Canada, où d’importantes inondations touchent l’est du pays depuis plusieurs jours. Vendredi 26 avril, la ville de Montréal a décrété l’état d’urgence. La veille, la capitale fédérale, Ottawa, avait pris une décision similaire, face aux intempéries qui menaçaient des résidences et alors que des pluies abondantes étaient encore attendues.


L'eau "continue de monter et on est très préoccupé. Après discussion avec le service des incendies, j'ai pris la décision de décréter l'état d'urgence", a annoncé la maire de Montréal, Valérie Plante, lors d'une conférence de presse. La mesure permettra notamment à la métropole québécoise, qui compte environ deux millions d'habitants, de "faire des dépenses supplémentaires", "réquisitionner des terrains" pour y installer du personnel et du matériel, et de "faire des évacuations forcées si nécessaire", a précisé l'édile, qui assure que la ville est "en contrôle de la situation".

Au Québec, déjà plus de 1.100 personnes ont été évacuées, deux ans après les pires inondations depuis un demi-siècle dans l'est du Canada. Les quartiers de l'ouest de l'île de Montréal sont particulièrement touchés par ces crues printanières, qui devraient continuer : le gouvernement canadien a en effet émis un avis de fortes pluies jusqu'à ce samedi.

L'armée en renfort

A Ottawa, au moins trois quartiers sont menacés par la crue des eaux. "Cela dépasse maintenant les capacités de la ville, et c'est pourquoi nous avons fait appel aux forces armées", a déclaré le maire de la ville Jim Watson. La Ville a également fait appel aux volontaires pour aider, par exemple, à construire des digues de sable. Un appel auquel a répondu l’équipe de hockey de la ville, les Ottawa 67’s.

De l'autre côté de la rivière des Outaouais, qui sépare l'Ontario du Québec, un petit barrage menaçait de céder sous la pression de l'eau qui ne cessait de monter sur un affluent de la rivière, avaient averti les autorités québécoises, qui ont depuis fait évacuer plusieurs dizaines de personnes.

Changement climatique

Selon un bilan provisoire établi par les autorités provinciales, plus de 3.100 résidences ont été inondées au Québec, où un millier de militaires restent mobilisés. La province voisine du Nouveau-Brunswick a également été touchée par ces inondations, 87 routes, dont une portion de l'autoroute qui traverse tout le Canada, ayant notamment été fermées à la circulation. Plusieurs quartiers de la capitale, Frédéricton, ont là aussi dû être évacués.


Mercredi, le Premier ministre Justin Trudeau s’est rendu dans la ville de Gatineau, bottes de caoutchouc au pied, pour constater l’ampleur des dégâts. "On sait qu'avec les changements climatiques, cela va arriver de plus en plus souvent", a-t-il déploré. C'est une nouvelle réalité à laquelle on va faire face dans les années à venir. Il faut commencer à penser comment on va s'adapter, comment on va aider les gens".


Pour l’heure, les inondations ont fait une victime, samedi dernier à Pontiac (à l’ouest d’Ottawa) : une septuagénaire n’a pas vu qu’un petit pont situé sur la route avait été emporté par les eaux, et est tombée avec son véhicule dans le cours d’eau en contrebas. 

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