Charte contre les déchets plastiques sur les plages : les chiffres à connaître sur cette pollution

Un oiseau sur une plage couverte de déchets, la plupart en plastique, dans la baie de Hann à Dakar.Photo prise le 2 juin 2018
Planète

ENVIRONNEMENT - Lors d'une visite à Biarritz ce mercredi , Barbara Pompili a annoncé la création d'une charte nationale d'engagement pour des "plages sans déchet plastique". LCI fait le point sur ce type de pollution à l'origine de la dégradation de nombreux paysages et de l'écosystème marin.

Bouteilles, bouchons, sacs... Par centaines, les objets plastiques jonchent les plages du monde entier. Ces images de littoraux pollués deviennent presque habituelles. D'une banalité glaçante. En 2017, l'ONG Surfrider a mené 151 opérations, en grande partie dans des mers et océans qui bordent la France. Bilan : presque huit déchets sur dix ramassés sur les plages et en mer étaient des plastiques à usage unique. D'abord surtout considérée comme une nuisance esthétique, la pollution plastique produit aussi de nombreux effets néfastes sur l’écosystème marin. Retour sur les chiffres à connaître de ce fléau environnemental, l'un des plus grands de notre ère. 

80 %

Les déchets charriés par les cours d'eau et les canalisations mais aussi ceux abandonnés sur les plages constituent une large part de la pollution marine. 80 % pour être précis. Ce chiffre traduit bien le lien entre la dégradation des mers et des océans et les activités terrestres. A noter, à l'inverse, qu'environ 15 % des déchets marins sont rejetés sur la plage, ce qui alimente un cercle vicieux. 

73 %

Selon les données de National Geographic, 73% des déchets sur les plages à travers le monde sont à base de plastique. Emballages alimentaires, filtres de cigarettes, sacs ou bacs en polystyrène, bouteilles, bouchons, rien n'y échappe. Un véritable double problème. D'une part, les estimations de la durée de vie du plastique vont de 450 ans à l'infini. D'autre part, lors de sa décomposition, le plastique se réduit en très petits fragments appelés micro-plastiques. Ces billes sont déjà présents sur la plupart des plages du monde.

450 millions de tonnes

La production du plastique a connu une croissance exponentielle en seulement 70 ans. Elle est ainsi passée de 2,3 millions de tonnes en 1950 à 162 millions en 1993 à près de 450 millions en 2015. Une production considérable qui augmente d'autant plus les risques de pollution, des plages notamment. 

6,9 milliards de tonnes

En cinq ans, plus de 6,9 milliards de tonnes de déchets plastiques se sont accumulées. Seulement 9 % ont été recyclés et 12 %  incinérés. Les 79 % restants se retrouvent dans des décharges ou dans la nature. 

Un exemple pour montrer l'immense gâchis : selon le WWF (Fond mondial pour la nature), la France a produit 4,5 millions de tonnes de plastique en 2016. Pas moins de 11 200 tonnes de déchets de cette matière ont fini dans la mer Méditerranée. 

1,5 million

L'Institut français de recherche pour le développement (IRD) a établi qu'1,5 million d'animaux meurent chaque année à cause de la pollution plastique. Un chiffre effrayant que l'on peut encore renforcer. L'Agence nationale australienne pour la science a, de son côté, établi en 2015 que la quasi-totalité des oiseaux marins sera touchée par la pollution plastique d’ici 30 ans. Au début des années 1960, seuls 5% d'entre eux étaient concernés par ce problème. 

Face à une problématique qui prend chaque année un peu plus d'ampleur, agir devient une nécessité. Localement, plusieurs initiatives ont déjà vu le jour. Une compétition a ainsi été organisée en 2019 pour ramasser des déchets sur les littoraux près de Marseille. Des kayakistes et plongeurs sont parvenus à cette occasion à récupérer 1,2 tonne de déchets. La Charte nationale mise en place par le gouvernement ce mercredi constitue un premier pas vers une politique nationale en la matière. 

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