Climat : interpellé par la Convention citoyenne, Macron promet un projet de loi pour décembre

Climat : interpellé par la Convention citoyenne, Macron promet un projet de loi pour décembre
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ENGAGEMENT - Les membres de la Convention citoyenne pour le climat ont adressé lundi une lettre au président de la République pour lui demander de "renouveler" son soutien afin de "faire aboutir" leurs propositions, alors que certaines d’entre elles sont menacées. Emmanuel Macron a répondu, estimant que la "quasi-totalité" des propositions étaient retenues et annonçant un projet de loi pour décembre.

Les 146 mesures de la Convention citoyenne pour le climat acceptées par Emmanuel Macron ont-elles du plomb dans l’aile ? Dans une lettre adressée au président de la République ce lundi, l’association "Les 150", regroupant des citoyens de la Convention, appelle le chef de l’Etat à leur "renouveler (son) soutien et (son) envie ferme de faire aboutir (leurs) propositions". En effet, les membres s’inquiètent d’un manque "de soutien clair et défini de la part de l’exécutif dont les prises de position (leur) apparaissent parfois contradictoires".

"Dans une période où des communications ouvertement hostiles à nos propositions sont formulées par certains acteurs professionnels, des déclarations ministérielles discordantes sur les sujets de l'aérien, de la publicité, du déploiement de la 5G, de la baisse de la TVA relative au transport ferroviaire, ou d’autres, viennent renforcer le trouble et obscurcir la parole présidentielle", écrivent-ils. Fin juin, en recevant les membres de la Convention dans les jardins de l’Elysée aux côtés de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, Emmanuel Macron avait pourtant accepté 146 des 149 propositions formulées pas les citoyens, s’accordant trois "jokers".

"Nous peinons à trouver dans les actions du gouvernement l’ambition d’une transition écologique efficace"

Trois mois plus tard, la donne n’est pas aussi simple. Certaines propositions pourraient en effet prendre plus de temps que prévu avant de voir le jour. "Il faut s’interroger sur le moment que nous vivons", tempère ce lundi Marc Fesneau, le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, dans un entretien accordé à l’Opinion. "La Convention a été lancée avant la crise du Covid (...) Il faut veiller à ne pas aggraver les difficultés de certains acteurs économiques. La crise pose la question de la temporalité." Certaines propositions, acceptées en pleine crise du Covid, comme le malus en fonction du poids des véhicules neufs ou encore l'écotaxe sur le transport aérien, ont également été mises à mal par des déclarations de ministres. Le mois dernier, Emmanuel Macron lui-même avait inquiété les défenseurs de la planète en comparant les opposants à la 5G aux Amish.

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Face à ces imprévus, les "150" se disent "à l’écoute des contraintes" et s’estiment "conscients des défis que soulève la mise en œuvre de nos préconisations". Toutefois, "nous ne pouvons continuer à défendre chacune d’entre elles quand nous peinons à trouver dans les actions du gouvernement l’ambition générale d’une transition écologie efficace", préviennent-ils.

Ils réaffirment cependant leur "volonté de porter (leurs) travaux dans les plus petites communes de France, jusque dans la législation nationale, voire jusque dans les institutions européennes". Mais ils demandent à nouveau au président de la République de "réaffirmer (son) engagement formel et public en faveur de l’examen sans filtre de (leurs) propositions"

Macron réaffirme son "ambition"

Dans une lettre adressée en réponse aux membres de la Convention citoyenne, lundi, Emmanuel Macron a assuré à nouveau que "la quasi-totalité" des propositions avaient été retenues. "Dès la rentrée, le gouvernement s'est nourri de vos propositions pour mettre la transition écologique au coeur du plan de relance", a-t-il fait valoir. "Ainsi, dans le cadre des 30 milliards du plan de relance dédiés à la transition écologique, nous avons débloqué des moyens importants pour les transports en commun, pour le train et le vélo". 

"Au total, ce sont près d'une trentaine de vos propositions qui sont déjà, soit totalement, soit partiellement mises en oeuvre", a ajouté le président de la République. Ce dernier a toutefois reconnu que "certaines propositions, qu'il s'agisse du transport aérien, de la publicité, ou même de la question de l'empreinte écologique du numérique font aujourd'hui débat dans notre société et suscitent parfois des oppositions fortes". 

Emmanuel Macron a précisé à la Convention citoyenne qu'une partie des propositions seront intégrées au projet de loi actuellement en préparation, qui doit être "prêt pour un conseil des ministres du mois de décembre, à une date proche du cinquième anniversaire de l'Accord de Paris". Certaines propositions de ce texte "seront débattues avec vigueur", anticipe le chef de l'Etat, "soit parce qu'elles effraient, soit parce qu'il faut les accompagner de dispositifs permettant de faciliter leur application, notamment au regard de la situation économique et des enjeux sociaux qui traversent notre pays et notre continent". 

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