Comment Total veut reconvertir la raffinerie de Grandpuits en site "zéro pétrole"

Comment Total veut reconvertir
la raffinerie de Grandpuits en site "zéro pétrole"
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IMPACT POSITIF - Le raffinage de pétrole s'arrêtera début 2021 sur le site de Grandpuits, en Seine-et-Marne. Un projet de reconversion a été présenté par le groupe pétrolier, qui promet d'investir 500 millions. La future plateforme produira des biocarburants et des bioplastiques.

Du raffinage de pétrole à la production de plastiques biodégradable et de carburants "vert". Anticipant l’ère de l’après or noir, Total a annoncé ce jeudi l’arrêt progressif de ses activités de raffinage à Grandpuits, en Seine-et-Marne. Le groupe pétrolier entend investir "plus de 500 millions d'euros" pour reconvertir le site vers quatre activités "zéro pétrole" d'ici à 2024. La future plateforme comprendra une usine de biocarburants et une autre de bioplastiques, ainsi qu'une unité de recyclage de plastiques par pyrolise et deux centrales solaires photovoltaïques.

A terme, 400.000 tonnes de biocarburants seront produites tous les ans, à partir de graisses animales et d'huiles de cuisson récupérées dans les restaurants et les cantines. Des huiles végétales de type colza seront aussi utilisées, à l'exception de l'huile de palme, souligne le groupe. Les biocarburants seront destinés en grande partie au secteur aérien. L'usine de bioplastiques, quant à elle, produira du PLA, un plastique biodégradable fabriqué à partir de sucre. Les deux centrales solaires, pour finir, auront une capacité de production d'électricité de 52 mégawatts, de quoi alimenter environ 50.000 foyers en électricité (hors chauffage).

Une stratégie engagée depuis plusieurs mois

La démarche de Total s’inscrit dans une stratégie engagée depuis plusieurs mois afin de "verdire" sa production d’énergie. Les perspectives du marché des carburants en France, dont la consommation recule de 4% à 5% par an, l'avait déjà conduit à transformer sa plateforme de La Mède, près de Marseille. Elle produit désormais des biocarburants à partir de colza, de tournesol ou de déchets, telles que les graisses animales et les huiles de cuisson. 

"Dans certaines régions du monde, comme en Europe, la demande pétrolière va baisser. Il va falloir trouver d'autres énergies en substitution, comme l’électricité", explique Jean-Michel Gauthier, professeur d’économie en énergie à HEC. Aujourd’hui, dans son "mix" énergétique, Total vend 55% de pétrole, 40% de gaz et seulement 5% d’électricité. Son ambition est d’inverser cette tendance par le biais de centrales solaires. Objectif pour 2050 ? 40% de gaz et 40% d’électricité et seulement 20% de pétrole

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Pour y parvenir, Total prévoit d’investir 4 milliards d’euros chaque année dans les énergies renouvelables (éolien, photovoltaïque et hydraulique) pendant dix ans. L'ambition du pétrolier est donc d'atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. De quoi répondre aux objectifs fixés par l’Union européenne.

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