Environnement : la France tient-elle ses engagements de l’accord de Paris ?

Environnement : la France tient-elle ses engagements de l’accord de Paris ?
Planète

TRANSITION ÉCOLOGIQUE - En 2015, l’accord de Paris a fixé le cap pour répondre à l’urgence climatique. Alors que la COP25 s’est ouverte ce lundi 2 décembre à Madrid, la France respecte-t-elle ses engagements ?

Signé le 12 décembre 2015 par 197 pays -196 maintenant que la sortie des Etats-Unis est actée-, l’accord de Paris a dessiné trois objectifs permettant de renverser la tendance du réchauffement climatique : réduire les émissions de 45 % d’ici 2030, atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 et stabiliser la hausse de la température à 1,5 °C d’ici 2100. 

Dans le sillage de cet accord, la France s’est fixée des objectifs annuels pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 27 % d’ici 2028 par rapport à l’année 2013 et de 75 % d’ici 2050. Dans un rapport rendu en juin 2019, le Haut Conseil pour le Climat a examiné les ambitions de la France. Et la route est encore longue pour atteindre la neutralité carbone que vise le pays en 2050. Si la France a réduit ses émissions en 2018, elle est pourtant encore loin de ce qu’elle s’était fixée comme ambition au début d’année. La trajectoire actuelle n’est pas satisfaisante", estime le Conseil indépendant qui pointe le dépassement du premier budget carbone de 4,5 %, c’est-à-dire des plafonds d’émissions de GES à ne pas dépasser au niveau national. 

En 2018, l’empreinte carbone de la France a été de 445,3 millions de tonnes (Mt) de CO2 par rapport à un objectif de 426,2 Mt de CO2, détaille l’Observatoire Climat-Energie, consortium d’ONG qui passe chaque année en revue les données de la transition énergétique en France. Dans le détail, les secteurs du bâtiment, des transports, de l’agriculture et de l’industrie sont les plus polluants.  Par rapport à l’objectif fixé dans le budget de 2018, les émissions de GES ont été 14,5 % plus élevées dans le bâtiment, 12,6 % dans le transport, 2,5 % dans l’agriculture et 0,6 % dans l’industrie. À l’inverse, dans les domaines de la transformation d’énergie et des déchets, les voyants sont au vert avec une baisse respective de 17 % et de 0,3 %. 

Lire aussi

Trop de pétrole, pas assez d'énergies renouvelables

La consommation d’énergie, elle, a connu un écart de 4,5 % par rapport à son objectif pour 2018. Sans surprise, c’est le pétrole qui est le plus émetteur de GES, avec une hausse de 8,1 %, de 4,9 % pour le gaz naturel et de 0,6 pour les énergies fossiles. Le charbon, lui, a atteint son objectif. Pour l’année 2018, la France avait un objectif de 20 % de part d’énergies renouvelables dans la consommation d’énergie. Le pays n’a pas rempli cette ambition en produisant seulement une part de 16,5 % d’énergies renouvelables, enregistrant un écart de 19,5 % par rapport à l’objectif fixé. 

Selon le Haut Conseil pour le Climat, des améliorations sont à réaliser notamment dans la prise en compte des émissions de GES dans les lois et les grands projets, dans la cohérence entre les politiques à différentes échelles et dans la stratégie nationale bas-carbone, "qui ne couvre pas toutes nos consommations et n’est pas au centre de l’action publique". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter