COP24 en Pologne : 2 semaines pour ranimer l'accord de Paris

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ENVIRONNEMENT - Trois après la signature de l'accord de Paris à l'issue de la COP21, 200 pays se réunissent en Pologne pour la COP24 afin de mettre en application cet accord, censé permettre de contenir le réchauffement climatique à 2 degrés.

A quelques jours de la 24e Conférence de l'ONU sur le climat (COP24) en Pologne, les nouvelles sont mauvaises, comme d'habitude : selon le dernier bilan de l'agence météorologique de l'ONU, les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, favorisant déjà canicules et phénomènes extrêmes, comme a d'ailleurs pu l'observer un pays au climat tempéré comme la France l'été dernier. Dans ce contexte de multiplication des alertes rouges, 200 pays se réunissent à Katowice du 2 au 14 décembre, pour tenter de donner du souffle à l'accord de Paris, signé 3 ans plus tôt à l'issue de la COP21, mais les ambitions risquent une fois de plus de ne pas être à la hauteur.

L'accord de Paris de 2015 vise à contenir le réchauffement mondial sous les +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, et même à poursuivre les efforts pour le contenir à +1,5°C. Sauf que le monde s'est déjà réchauffé de 1°C en moyenne, et les engagements nationaux actuels de réduction des gaz à effet de serre, prix dans la foulée de l'accord de Paris, nous dirigeraient vers un réchauffement de +3°C... s'ils étaient respectés. Or, ce n'est globalement pas le cas, et même la France est en dehors des clous.

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Un contexte peu propice aux ambitions

Pour limiter le réchauffement à +1,5°C, il faudrait des transformations "rapides" et "sans précédent", ont prévenu en octobre les scientifiques du Giec, ajoutant qu'un monde réchauffé de 2°C subirait plus d'événements extrêmes et une augmentation du niveau des mers plus forte. Face à cette alarme, la majeure partie des dirigeants mondiaux devraient briller par leur absence lors de la COP24.

Peu d'entre eux ont en effet confirmé leur venue au sommet d'une journée qui aura lieu lundi, à l'exception des premiers ministres français et néerlandais notamment. "Les grands acteurs ne vont rien dire de concret au mieux" avant un autre sommet organisé par le secrétaire général de l'ONU à New York en septembre 2019, anticipe, pessimiste, Alden Meyer, observateur de longue date des négociations, interrogé par l'AFP. Le futur président brésilien Jair Bolsonaro a, en outre, laissé entendre qu'il pourrait sortir de l'accord de Paris, suivant la voie de Donald Trump, en même temps que le Brésil annonçait qu'il n'organiserait pas la COP25 en 2019. Quant au président américain, il a déclaré cette semaine qu'il "ne croit pas" aux effets désastreux annoncés du dérèglement climatique sur l'économie américaine, assurant même que la qualité de l'eau et de l'air n'avait jamsis été 

Au programme de la COP24 : règles de transparence et financement des pays pauvres

Les discussions de la COP24 devraient porter notamment sur l'adoption des règles d'application de l'accord de Paris. Ces règles concernent notamment la "transparence", c'est-à-dire la façon dont les Etats rendent compte de leurs actions, leurs financements et leurs résultats. Les pays les plus pauvres devraient pour leur part rappeler aux pays riches leur promesse de porter à 100 milliards d'euros par an d'ici 2020 leurs financements aux politiques climatiques du Sud.

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