COP24 : des ONG dénoncent la censure de plusieurs de leurs vidéos par l'ONU

COP24 : des ONG dénoncent la censure de plusieurs de leurs vidéos par l'ONU

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ACCUSATIONS - Alors que la COP24 touche à sa fin sans réelle avancée, des ONG dénoncent la censure de vidéos qui devaient être diffusées à l'entrée du centre de conférences parce qu'elles mentionnaient les énergies fossiles.

Parce qu'elles mentionnaient les énergies fossiles, des vidéos tournées par des groupes de défense de l'environnement pour être diffusées à la COP24 sur le climat ont été interdites par les organisateurs. Une décision dénoncée comme une censure par leurs producteurs, et qui intervient à la fin de cette 24e Conférence de l'ONU sur le climat, qui réunit 200 pays en Pologne pour tenter de donner vie à l'accord de Paris sur le climat visant à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

Des images faisant référence à "l'énergie sale"

Dans des emails obtenus par l'AFP, l'ONU demande aux ONG de retirer des images faisant référence à "l'énergie sale", ainsi 

que les phrases "interdire la participation des entreprises liées aux énergies fossiles" et "pourquoi les politiques approuvent-ils toujours les pipelines, les centrales à charbon et la fracturation hydraulique", assurant qu'elles enfreignent des règles de la convention sur le climat. La convention de l'ONU sur le climat interdit "les activités se moquant de l'ONU, des Etats membres, des organisations ou de tout individu ou des critiques qui seraient contre les règles de base du protocole". Mais les militants assurent que leurs vidéos ne violaient pas ces règles, vu qu'aucun pays ni aucune entreprise ne sont nommés.


Les ONG de défense de l'environnement, qui ont préféré rester anonymes, avaient préparé cette série de films courts destinée à être diffusée pendant cette COP24 sur de grands écrans, près de l'entrée du centre de conférence de Katowice, capitale polonaise du charbon. Après avoir soumis leurs films pour une évaluation qu'elles pensaient de pure forme, l'ONU s'est opposée à plusieurs images mentionnant des activités liées aux énergies fossiles.


Ces défenseurs de l'environnement dénoncent la présence des "ONG à intérêt commercial", appelées BINGO (Business interest NGO), qui représentent des grandes entreprises du secteur de l'énergie, et les accusent d'utiliser leurs contacts pour influencer les négociateurs des Etats, qui se sont engagés à Paris en 2015 à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre.

Pourquoi la COP24 risque d'échouer

Ces accusations surviennent la veille du dernier jour officiel de la COP24, qui a été marquée par l'absence d'avancées concrètes pour mettre en place l'accord de Paris. La COP de Katowice devrait respecter la tradition et se prolonger quelque peu, anticipaient jeudi les négociateurs, qui ont sous les yeux un projet d'accord dont ils doivent encore trancher les points clés.


La conférence a en effet été émaillée par une controverse imprévue sur le rapport scientifique du Giec - que voulaient édulcorer l'Arabie saoudite, le Koweït, la Russie et les Etats-Unis - et par le retour des divisions entre pays du Nord et du Sud sur le "mode d'emploi" de l'accord de Paris qui devait émerger des réunions. Ce "mode d'emploi" est de la plus haute importance pour le respect de l'accord, car il permet de s'accorder sur des règles de transparence, qui garantissent la solidité de l'édifice.

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