COP25 au Chili : la gauche française appelle au boycott, Santiago maintient le sommet

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CRISE - Après une semaine d'affrontements violents au Chili, une centaine d'intellectuels et d'élus de gauche appellent à boycotter la 25e conférence de l'ONU sur le climat (COP25) qui doit se tenir à Santiago du 2 au 13 décembre. Le gouvernement chilien a affirmé qu'il n'y avait "aucune chance" que l'événement soit annulé.

"La COP25 ne saurait se tenir dans un pays en état de siège, dans une ville soumise au couvre-feu militaire, dans un Chili où manifester pour des conditions de vie dignes peut valoir la mort." Une centaine d'intellectuels et d'élus de gauche ou écologistes appellent dans une tribune publiée jeudi dans le JDD à boycotter la 25e conférence de l'ONU sur le climat (COP25) qui doit se tenir à Santiago du 2 au 13 décembre. Alors que le ministre français des Affaires étrangères a déjà exclu un tel boycott il y a quelques jours, son homologue chilien assure qu'il n'y a "aucune chance" que la COP25 soit annulée.

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La centaine de signataire de la tribune, qui rappellent que la crise au Chili a déjà fait 18 morts, dénoncent la "répression brutale" du gouvernement du président Sebastian Piñera, contre  des manifestants qui contestent "les conséquences des politiques néo-libérales autoritaires qui jettent dans la pauvreté et dans la lutte quotidienne pour la survie, des millions de personnes". Ils s'adressent à António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, et Patricia Espinosa, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, leur demandant de "signifier au gouvernement chilien et de prendre les mesures adéquates" pour que "cessent ces violences militaires et policières".

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Le Drian ne veut pas suspendre la participation de la France

Les jours précédents, des responsables de la France insoumise et d'EELV avaient déjà appelé au boycott, mais le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, leur avait rétorqué dans l'hémicycle que "le Chili est une démocratie" et qu'il ne fait "pas de lien entre cette crise et la participation de la France à cette COP". Il rappelle enfin que le Chili avait pris en charge l'organisation de la COP25 après le refus du Brésil.

Au Chili, une parlementaire demande de déplacer la COP25 au Costa Rica

Au Chili aussi, des voix se font entendre pour déplacer l'organisation de la COP25. Jeudi, la sénatrice Ximena Rincon, du parti démocratie chrétien (centre), a proposé que le sommet onusien ait lieu au Costa Rica, où a lieu la "pré COP25", un sommet préparatoire.

Les émeutes, qui ont conduit à la mort de 18 personnes et à l'arrestation de 6000 autres, ont causé d'importants dégâts matériels. Des incendies ont touché des bâtiments, mais aussi des trains et des arrêts de métro à Santiago, pour 300 millions de dollars de dégâts, selon Reuters. La ligne de métro censée mener au site de la COP25 a également été endommagée, ce qui pourrait compliquer les déplacements des participants, qui occuperont de nombreux hôtels du centre-ville. Outre la COP25,  le Chili doit également accueillir le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) les 16 et 17 novembre, où doivent se retrouver des chefs d'État ou des représentants de la plupart des pays bordant le Pacifique.

"Aucune chance" d'annuler la COP25 selon Santiago

Le gouvernement chilien se veut pourtant rassurant sur sa capacité à organiser ces deux sommets internationaux de premier plan. Le ministre des Affaires étrangères, Teodoro Ribera, a déclaré jeudi qu'il n'y avait "aucune chance" d'annuler les deux événements. "Je suis convaincu que cela ne va en aucun cas impacter les conférences", a-t-il déclaré devant des journalistes, précisant que les pays 20 participants au sommet de l'APEC "n'ont exprimé aucun doute quant à leur présence".

La COP25, elle, est toujours en préparation et doit se tenir sur une ancienne base aérienne au sud-ouest de Santiago. Selon Reuters, qui a parlé à des ouvriers sur place et aux forces de l'ordre, le chantier sur place est toujours en cours et les manifestants n'ont pas pu accéder au site. Cependant, les ralentissements touchant les transports en commun ont ralenti les travaux à six semaines de l'ouverture du sommet.

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