Coronavirus : la Côte d'Azur polluée par les masques et les gants

Face à la multiplication des masques retrouvés un peu partout dans la nature, certaines municipalités ont décidé de durcir le ton. Les personnes abandonnant leur masque sur la voie publique pourraient écoper d'une amende.
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ENVIRONNEMENT - Des masques chirurgicaux, gants jetables et autres détritus liés à l'épidémie ont été repêchés ce week-end sur la Côte d'Azur. Un phénomène déjà observé en Asie.

"On les attendait, ils sont arrivés mais pas au bon endroit". Le week-end dernier l'association Opération Mer Propre, qui alerte sur la pollution marine, a effectué une sortie en mer à Golfe-Juan (Alpes-Maritimes). Chargée de récupérer des déchets enfouie dans les profondeurs de la Méditerranée, les équipes de plongée font aujourd'hui un triste constat.

Si les bouteilles, sac et verres en plastique, figurent toujours parmi les détritus les plus repêchés, de nouveaux déchets ont vu le jour et ce, en raison de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus. Flacons de gels hydroalcooliques, gants en latex et masques de protection jetables font désormais partie intégrante du paysage sous-marin. Un spectacle que déplore l'équipe de plongeurs. 

Vers une amende de 300 euros pour un masque jeté sur la voie publique ?

"C'était malheureusement prévisible en voyant le nombre de masques et de gants jetés directement dans les caniveaux [...] Ce n'est que le début et si rien ne change ça va devenir un vrai désastre écologique et peut être même sanitaire...!", explique l'association qui tire la sonnette d'alarme sur sa page Facebook. 

Invité d'Audrey & Co sur LCI la semaine dernière, le député de la 7e circonscription des Alpes-Maritimes Eric Pauget est revenu sur sa proposition de loi visant à augmenter l'amende pour jet de masque sur la voie publique à 300 euros contre 68 euros actuellement. "Le but c'est qu'il y ait un effet dissuasif et pédagogique", justifie le parlementaire qui ajoute qu'"une pollution suite à la crise sanitaire est la pire des choses qu'on pourrait laisser à nos enfants".

Une pollution qui est loin d'être sans conséquence la décomposition des masques dans la nature prendrait 400 ans et le spectacle de masques échouant massivement sur des plages hongkongaises avait amené des ONG à sonner l'alarme dès mars.

L'épineuse question du recyclage

Dans une lettre adressée à Brune Poirson, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, le député LREM Damien Adam appelait début mai à "organiser une filière de récupération et de recyclage" pour "assurer un réemploi des masques qui permettrait d'éviter un énorme gâchis de matières". Une mission difficile, même si le recours aux masques en tissu diminue l'empreinte environnementale, et que des prototypes de masques biodégradables, encore non aboutis, sont en développement.

Un consortium d'institutions scientifiques, dont le CNRS, étudie d'éventuelles pistes pour décontaminer les masques chirurgicaux en vue d'une réutilisation : passage à l'autoclave (vapeur sous pression) à 121 °C, irradiation par rayons gamma... Des solutions peu accessibles au grand public.

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"Le recours au jetable semble se transformer en une nouvelle normalité"

Le dilemme plus général entre impératif sanitaire et souci environnemental devrait perdurer: "Le recours au jetable, dans l'urgence du début de la crise sanitaire, semble se transformer en une nouvelle normalité, sans que la question des alternatives possibles soit posée", déplore Zero Waste.

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Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Dans un entretien accordé la semaine dernière à franceinfo, Zero Waste France rappelle que ces masques de protection "contiennent aussi du plastique donc c'est important de les jeter dans les poubelles et pas dans l'environnement. Quand on peut, il faut privilégier l'option réutilisable."

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