Cyclone Kenneth : un mois après Idai, le Mozambique frappé par la plus forte tempête de son histoire

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CATASTROPHE - Digne d'un ouragan de catégorie 4, Kenneth, le cyclone le plus violent à frapper le Mozambique, a touché terre au nord du pays, ce jeudi soir, soit à peine un mois après le passage dévastateur et meurtrier de vents d'une extrême violence associés à des pluies torrentielles en Afrique australe. Il a fait 38 morts selon un bilan actualisé le 29 avril.

225 km/h : plus fortes encore que les vents associés à des pluies torrentielles d'Idai qui ont fait un millier de morts le mois dernier en Afrique australe. Ou que ceux d'Eline en 2000. Des rafales d'une extrême violence générées par le cyclone Kenneth ont balayé le nord du Mozambique jeudi soir, arrachant des arbres et des habitations "précaires" sur leur passage et provoquant des coupures d'électricité. Au point que les météorologues évoquent le pire cyclone de l'histoire du Mozambique. Selon un bilan actualisé le 29 avril, le cyclone a fait 38 morts et causé d'importants dégâts. Sur l'île d'Ibo, où vivent quelque 6.000 habitants, 90% des maisons ont été détruites.

"Au moment de l'impact, Kenneth était un violent et dangereux cyclone tropical intense, générant des vents moyens estimés à 200 km/h et associés à des rafales de 280 km/h", détaille notamment Cycloneoi.com, spécialisé sur les cyclones tropicaux. Les prévisionnistes de Météo-France ont quant à eux averti que des vagues de cinq mètres de haut étaient susceptibles d'atteindre les côtes de l'extrême-nord du pays.

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700.000 personnes menacées

Les Nations unies craignent des inondations et des glissements de terrain dans la province de Cabo Delgado, à la frontière avec la Tanzanie, où de fortes précipitations s'abattent depuis mercredi. La tempête devrait rester à l'intérieur des terres mozambicaines pendant plusieurs jours et "devrait entraîner de fortes pluies, avec plus de 600 millimètres de précipitations attendues", soit près du double de ce qui est tombé en dix jours lors du passage d'Idai à Beira, selon le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM).  Pour rappel, le 14 mars dernier, un cyclone tropical particulièrement violent a noyé cette cité portuaire du centre du Mozambique, puis a poursuivi sa route meurtrière vers l'ouest et le Zimbabwe voisin. 

Si près de 700.000 personnes sont désormais menacées par Kenneth selon l'Institut mozambicain de gestion des situations d'urgence (INGC),  la région concernées, de Cabo Delgado dans le nord du pays, n'est pas aussi peuplée que la région autour de Beira et la principale ville côtière, Pemba, ne devrait pas être touchée directement. Par conséquent, il pourrait y avoir moins de personnes directement touchées que par Idai le mois dernier. Mais le pays peine à faire face aux séquelles du premier cyclone et dispose de peu de capacités pour faire face à une nouvelle catastrophe. Le transfert des équipements de sauvetage, notamment des bateaux et des hélicoptères dépêchés à Beira, dévastée par Idai, a d'ores et déjà été annoncé. 

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Digne d'un ouragan de catégorie 4, la tempête Kenneth se serait légèrement affaiblie au moment de frapper le Mozambique mais des conditions cycloniques de cette ampleur n'en demeurent pas moins rares dans la région. 

"Jamais eu deux tempêtes aussi violentes la même année"

Quant à deux épisodes aussi violents à intervalle d'un mois, cela ne s'était tout simplement jamais vu. "C’est vraiment exceptionnel dans l’histoire des cyclones dans cette région. Il n’y a jamais eu deux tempêtes aussi violentes la même année, et encore moins espacées de cinq semaines au Mozambique", a expliqué au Guardian le météorologue américain, Eric Holthaus, qui surveillait de près l’évolution de Kenneth.

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Le cyclone Idai sème la désolation et la mort en Afrique : les images aériennes

Avant d'atteindre le continent africain, le cyclone qui s'est formé au large des côtes malgaches plus tôt cette semaine, est passé mercredi soir au large du petit archipel des Comores, où il a fait au moins trois morts et d'importants dégâts, selon les autorités. Il menaçait également la Tanzanie où écoles et commerces ont fermé jeudi et où la population a été appelée à se protéger.

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