Des particules de plastique de l’océan aux nuages ? L'Expédition 7e Continent revient de son exploration en mer

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7E CONTINENT - Les particules de plastique s’évaporent-elles jusque dans les nuages ? De sa mission aux Baléares, l’équipage de l’ONG Expédition 7e Continent revient avec de nouveaux échantillons, laissant à penser que le plastique se disperse non seulement dans l’océan mais aussi en altitude.

Comprendre l’impact du plastique sur l’écosystème et ainsi le réduire, voilà l’ambition de Patrick Deixonne, navigateur et fondateur d’Expédition 7e Continent. C’est la "partie immergée de l’iceberg" qui a intéressé cette fois les quatre scientifiques et les quatre marins partis en mer, au large des îles des Baléares : les micro et nanoparticules de plastiques flottant dans l’océan, invisibles à l’œil nu et qui sont pourtant les plus dangereuses pour la biodiversité marine. 

Voguant entre les courants froids et les courants chauds pendant près d’un mois, l’équipage a pu constater que les zones d’accumulation de plastique y étaient "tout aussi importantes que dans l’Atlantique", selon le chef de mission Patrick Deixonne. L’océan Atlantique abrite l’une des zones de concentration de matière plastique les plus conséquentes, autant au Nord qu’au Sud. Ces accumulations sont formées par des tourbillons océaniques, communément appelés les gyres. On en dénombre cinq à la surface du globe, qu’Expédition 7e Continent s’efforce d’explorer : deux dans l’Atlantique, deux dans le Pacifique et un dans l’océan Indien. Mais du plastique se trouve également en grande quantité au large de la Méditerranée, là où aucun gyre n’est constaté. 

Ces nanoparticules remontent dans les nuages et nous retombent sur la tête sous forme de pluie et de neige - Patrick Deixonne, fondateur d'Expédition 7e Continent

Du plastique présent dans l’eau sous forme de macro, micro ou de nanoparticules ; le phénomène est connu. Chaque année, jusqu’à 13 millions de tonnes de plastiques sont déversées dans les océans, 80% en provenance du continent. En revanche, "il se pourrait qu’avec l’évaporation des océans, ces nanoparticules de plastique remontent dans les nuages et nous retombent sur la tête sous forme de pluie et de neige", explique Patrick Deixonne. "Des échantillons d’air ont été prélevés sur l’ensemble de la zone afin de pouvoir vérifier l’hypothèse selon laquelle les particules s’évaporeraient et se retrouveraient ainsi dans le cycle de l’eau", indique le communiqué de l’ONG. Ces prélèvements, en cours d’analyses au laboratoire, pourraient confirmer ce qu’ils redoutent : l'intégration du plastique dans le cycle de l'eau. Du moins, "les résultats ne seront pas satisfaisants" prévient Patrick Deixonne, vu "la quantité de plastique très importante". 

"Pour soigner la maladie, il faut en connaitre les symptômes", pose Patrick Deixonne. Pour le navigateur, une chose est sûre : la science est encore nécessaire dans l’étude de ce "7e continent" de plastique, répandu ici et là dans l’océan. "L’énorme container de plastique n’existe pas", s’agace-t-il un brin. "On ne voit ça que dans les médias." En fait, la pollution plastique est en majorité invisible, contenue dans ces infimes particules. La suite, l’explorateur la connait déjà : aller à la découverte du gyre de l’Atlantique Sud, là où aucun équipage n’est encore parti en mission, et estimer son niveau de pollution liée au plastique. 

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