Des tours en bois, des toits repeints... Ces initiatives pour verdir la ville

Des tours en bois, des toits repeints... Ces initiatives pour verdir la ville

ÉCOCONSTRUCTION - Alors que le secteur du bâtiment est celui qui respecte le moins ses objectifs en termes de bilan carbone en France, plusieurs villes se mettent à façonner leurs infrastructures de manière à être plus respectueuses de l’environnement et moins émettrices en gaz à effet de serre.

Elle deviendra bientôt la plus haute tour de bois de France. Mardi 10 décembre, la première planche de l'édifice de 17 étages a été posée près de la gare Saint-Jean, à Bordeaux. Directement importé des forêts voisines de Corrèze, le bois, matériau de plus en plus envisagé par les entreprises du secteur, doit permettre de limiter l'impact environnemental de la construction, et donc l'empreinte carbone. Déjà expérimentée dans la cité girondine par le passé, son utilisation pour des immeubles de grande hauteur reste encore relativement rare, mais pourrait bien se développer à l'avenir.

Il faut dire qu'en France, le bilan carbone du bâtiment est lourd. Et le secteur peine à mener au mieux sa transition énergétique. En 2018, il pesait presque 1/5e des émissions totales de gaz à effet de serre avec 83,7 mégatonnes (Mt) émises dans l’année, selon l’Observatoire Climat-Energie, le plaçant au troisième rand des plus polluants, après les transports (136,8 Mt) et l’agriculture (85,9 Mt). Mais surtout, et c’est là que le bât blesse, il se situe toujours bien au-dessus (14,5 %) de l’objectif fixé par le gouvernement dans le budget de 2018. 

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Voilà pourquoi de plus en plus de villes se mettent à façonner leurs infrastructures sous le prisme du développement durable, les amenant à construire et rénover de la manière la écologique possible. Végétalisation des immeubles, nouveaux matériaux, panneaux solaires…. Les initiatives pour verdir le secteur sont nombreuses. Comme à Los-en-Gohelle, ancienne ville minière du Pas-de-Calais, où l’écoconstruction est au cœur de la politique du maire, Jean-François Caron (EELV). Depuis 1997, la commune finance la réhabilitation et la construction de logements dits durables (utilisant notamment des matériaux non-nocifs pour la santé et l’environnement) et refuse depuis 2000 le chauffage électrique de ses bâtiments.

À Quimper, des édifices mieux isolés grâce à leurs toits blancs

En Bretagne, c'est une autre initiative qui a vu le jour. A Quimper, le toit de la galerie Leclerc a été repeint en blanc par son propriétaire, en association avec trois entreprises locales. Le projet, quelque peu hasardeux au départ, a finalement remporté un franc succès en garantissant un meilleur isolement du bâtiment - des différences de température de 6°C ont été constatées - ainsi qu’une baisse significative du coût énergétique, avec 20.000 € d’économies sur une année. 

"L’été, la chaleur du soleil entre moins dans le bâtiment donc il est moins nécessaire de climatiser. L’hiver, l’impact est neutre, voire positif", rapporte à Ouest France Frédéric Lachèvre, le propriétaire qui se targue d’avoir importé le concept du "Cool roof" - ou "toit frais" - de Grèce. Son entreprise, Cool Roof France, ambitionne désormais de repeindre le toit d’un terminal de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle ainsi que celui d’un centre commercial dans le sud de la France. 

De par leur vaste surface et leur exposition aux rayons du soleil, les toits sont par nature souvent ciblés pour des projets de développement durable. À Toulouse, celui du parking de l’aéroport de Blagnac a ainsi été recouvert par près de 3000 panneaux solaires qui produisent de l’électricité, directement consommée par le bâtiment. 

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À Strasbourg, une tour qui produit plus qu'elle ne consomme

Une autoproduction qui va encore plus loin en Alsace. A Strasbourg, ville qui a fait de la transition écologique une priorité dans l’aménagement de son territoire, difficile de manquer le quartier Danube et sa tour à "énergie positive". 

Comme nous l'avions rapporté au moment de son inauguration à l’été 2018, la tour Elithis se trouve être le premier immeuble habitable à produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Et ce grâce aux matériaux utilisés pour sa construction, notamment la laine de verre présente sur les parois, à sa forme en "aile d’avion" l’exposant davantage à la lumière naturelle, et aux panneaux solaires installés sur la façade. Seul bémol connu, son bilan énergétique ne peut rester positif qu’à la condition que ses occupants veillent à contrôler leur consommation.

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