"Dragons cracheurs de feu" en Australie : trois questions sur un phénomène redouté

"Dragons cracheurs de feu" en Australie : trois questions sur un phénomène redouté

ENTRETIEN - Le bush australien brûle depuis plus de quatre mois maintenant et les feux sont si intenses qu'ils créent leur propre phénomène climatique : les orages ou nuages de feu. Redoutables, ils sont responsables de plusieurs départs d'incendies. Eléments de réponses sur leur origine avec Sébastien Laflorencie, professeur à l’Ecole nationale de la météorologie de Toulouse.

Les incendies dans le bush australien sont tels qu'ils forment désormais leur propre phénomène météorologiques : les nuages de feu occasionnant des orages et créant de nouveaux départs de feux. Un cercle infernal qui vient ajouter de la difficulté au combat incessant des pompiers contre les flammes. En réalité, ces nuages sont observés lors d'incendies ou d'éruptions volcaniques. Sébastien Laflorencie, professeur à l’Ecole nationale de la météorologie de Toulouse, nous explique en détail ce phénomène que la Nasa a baptisé  "dragons cracheurs de feu".

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L'Australie dévorée par les flammes

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LCI : Quelle est l’origine de ces nuages de feu ? 

Sébastien Laflorencie : La chaleur extrême ainsi que les particules de fumées sont à l'origine de ces nuages. En effet, un nuage est constitué de gouttelettes d'eau ou de cristaux de glaces qui apparaissent après la condensation de la vapeur d'eau autour d'une minuscule particule solide. Dans ce cas précis, les particules solides sont les fumées. La chaleur extrême favorise des mouvements d'air ascendants donc la formation de nuages convectifs que l'on nomme Cumulonimbus. Dans les différentes publications sur ce sujet, on lit souvent le terme Pyrocumulonimbus mais on doit désormais, selon la nouvelle nomenclature internationale, le nommer Cumulonimbus flammagenitus.

 LCI : Sont-ils dangereux ? 

Sébastien Laflorencie : Le Cumulonimbus est un nuage d'orage, il est donc toujours dangereux. Dans le cas du Cumulonimbus flammagenitus, les éclairs qu'il génère peuvent allumer de nouveaux feux au-delà du foyer principal. Cependant, on peut les prévoir en prenant en compte toutes les caractéristiques atmosphériques de la zone impactée par les incendies de forêt : la température, l’humidité...

LCI : Selon les scientifiques, ils sont de plus en plus fréquents : à quel degré peut-on lier le phénomène au changement climatique ?

 Sébastien Laflorencie : Le changement climatique s'exprime essentiellement par l'augmentation de la température moyenne à la surface de la Terre. Si la température augmente, la sécheresse et/ou les canicules augmentent, favorisant ainsi le risque d'énormes incendies de forêt à la limite du contrôlable. Pour faire un point historique, lors du 4e rapport du GIEC en 2007, la communauté scientifique internationale s'accordait à dire que "dans le sud-est de l’Australie, la fréquence des jours de danger d’incendies très élevés et extrêmes devrait augmenter de 4 à 25 % d’ici 2020". 

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