Eau trouble, bain de sang et poissons asphyxiés : dans une vidéo, l’association L214 dénonce l’élevage des truites en France

Eau trouble, bain de sang et poissons asphyxiés : dans une vidéo, l’association L214 dénonce l’élevage des truites en France

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BIEN ÊTRE ANIMAL - Sur des images en caméra cachée, l’association L214 dévoile ce vendredi les conditions d’élevage de la truite en France. L’association de protection des animaux dénonce aussi bien la surpopulation dans les bassins que leur mise à mort.

Les truites sont, après les poulets, la deuxième espèce la plus massivement élevée en Europe. C’est donc tout naturellement que l'association de protection animale L214 a voulu enquêter sur les conditions d’élevages de ces animaux. Images à l’appui, elle dénonce ce vendredi 30 novembre le plus gros producteur de truites fumées en Europe.


En France, les trois quarts des truites fumées qui finissent dans nos assiettes sortent d'usines. Aqualande, implanté dans le sud-ouest, est au cœur des révélations de L214. En caméra cachée, l’association montre ainsi comment les poissons élevés dans leurs bassins n’échappent pas à la règle de l’élevage intensif. Et à toutes les conditions de vie qui l’accompagnent. Ainsi, l’un des employés filmé explique que l’une des piscicultures en produit "500 tonnes par an" alors qu’ils n’ont l’autorisation que pour "400 tonnes uniquement". Et d’ajouter, comme un écho aux précédentes vidéos de L214 dénonçant le mal-être animal né de l'élevage intensif : "C’est partout pareil". 

Une surpopulation dans une eau particulièrement trouble, saturée en résidus d’aliments et en déjections de truites et qui conduit à des blessures et des maladies. Mais aussi à un manque d’oxygène. C’est ce qui apparaît en tout cas sur les images, lorsque des poissons sortent de l’eau pour chercher de l’oxygène à cause d’une densité trop élevée. 


Mais le groupe Aqualande, qui a porté plainte après que des personnes sont "entrées par effraction" sur ses sites, se défend dans un communiqué : "Les images sont trompeuses car les poissons se regroupent en bancs" et de se vouloir rassurant en ajoutant qu’ils ont "l’espace nécessaire pour être en bonne santé et se développer normalement."

Mis à mort, flottant dans un bain de leur propre sang.

Mais outre les conditions de vie déplorables, l’association met aussi en avant un abattage qui fait souffrir ces poissons. Car, comme tout animal d’élevage, la truite est protégée par le même droit fondamental européen qui oblige à ce qu’il soit "épargné de douleurs, détresse ou souffrance pouvant être évitées au moment de la mise à mort". Or, après avoir passé près de deux ans dans une piscine en béton, entassées, les truites sont violemment déversées jusqu’à l’abattoir. Une mise à mort prématurée pour ces bêtes dont la longévité peut normalement aller jusqu’à 11 ans. 


Elles finissent ensuite dans un bain de dioxyde de carbone. Une pratique vivement critiquée par les associations car il faut attendre dix minutes avant que l’animal ne soit étourdi. Mais comme on le voit sur les images, pas le temps d’attendre. Rapidement saigné et éviscéré, le poisson attend sa mort, flottant dans un bain de son propre sang. 

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